lundi 8 mars 2021

L'écosystème de l'imaginaire 3

 Nous avons donc déterminé que les deux piliers historiques de l'écosystéme SFF français était Fleuve Noir et Fiction. Que les deux étaient vendus en kiosque et maison de la presse.

Dans les maisons de la presse des années 80 et 90 on trouvait outre FNA, des collections comme J'ai Lu SF ou Pocket SF. Et les collections SF du Livre de Poche et Présence du Futur n'étaient pas absente de certaines d'entre elles. La maison de la presse était donc au cœur de l'écosystème SFFF. Ou plutôt nous avions une dichotomie entre la SF populaire vendue en maison de la presse et la SF exigeante vendue en librairie. Le lecteur qui s'intéressait au deux savait dans quel point de vente il trouverait quoi.

Mais dans les années 90 pour des raisons que je n'explique pas, la SF et la fantasy ont déserté les maisons de la presse (alors que le policiers lui est resté). Donc un des pôle de vente a disparu. 

On nous dira que le supermarché a remplacé la maison de la presse pour le poche populaire. Mais c'est la ménagère qui fait les courses dans les grandes surfaces. Donc le marketing va y cibler plutôt un public féminin. C'est avec cette information en tête que Bragelonne a créé Milady. Donc ça ne recoupe pas le public de la maison de la presse.

Ce public des maisons de la presse s'est diversifié, rajeuni, et féminisé. Donc avec ces éléments en tête il serait sans doute possible de construire une offre adaptée. La reconquête des maisons de la presse est elle nécessaire ou même possible ? Je n'en sais rien mais elles ont été un élément important de l'écosystème SFFF. Leur mise en retrait a déséquilibré cet écosystème à la fine des années 90. Elles avaient même permis une certaine résistance quand le pôle librairie avait marqué un peu le pas dans les années 80. Ce qui est clair c'est qu'en plus des librairies on a besoin d'un deuxième pôle de vente. La vente en ligne peut recouper certains éléments mais sans doute pas tous.

Il faut se souvenir que dans les années 70, quand la BD était assez mal vue des libraires généralistes s'est créé un réseau de librairie spécialisée. Peut être aussi est ce une solution pour l'imaginaire. Un point de vente où l'imaginaire populaire et l'imaginaire exigeant se côtoierait et où l'on comprendrait que ce sont les deux faces d'une même pièce. L'imaginaire exigeant ne peut exister sans l'imaginaire populaire. 

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