mercredi 25 décembre 2019

Une question de tendance

J'aime bien essayer de prédire les prochaines tendances en imaginaire. Il y a quelques années je m'étais essayé au jeu et je dois dire que même si habituellement je suis un piètre prophète, je ne m'étais pas beaucoup trompé. J'avais vu arriver le retour du space opera, l'arcanepunk et le roman super héroïques.

Il y a deux choses que je vois arriver en SF

- D'une part le développement d'une SF diplomatique par réaction contre la SF militaire. En fait des autrices ont déjà commencé à occuper le terrain : Patty Jansen et Arkady Martine en space opera et Genevieve Valentine pour la SF du proche futur. En Francophonie j'ai appris récemment qu'un auteur indépendant belge, Jean Marc de Vos s'y était essayé. Donc peut être qu'on tient une future tendance.

- Le space opera urbain. La mégalopole galactique peut être un bon miroir de notre société. Et une ville tentaculaire où de nombreuses espèces sentientes se côtoient seraient l'idéal pour parler du vivre ensemble. Curieusement j'ai encore rien détecté chez les anglos-saxons. Et même pas une anthologie sur le sujet. Pourtant je sens bien qu'il y aurait du potentiel derrière.

lundi 16 décembre 2019

The infernal bargain and other stories

DMR books est un petit éditeur américain spécialisé dans la sword and sorcery et j'aime la sword and sorcery. Ils se sont fait connaître avec des anthologies où des chanteurs de métal ont publié des nouvelles. Là il s'agit d'une anthologie proposé gratuitement sur le site de l'éditeur pour faire découvrir leur production.
D'abord trois textes patrimoniaux se trouvent au sommaire. Et c''est celui de Frederick Arnold Kummer qui a le mieux vieilli. Une histoire classique très howardienne finalement qui montre que d'autres auteurs abordaient les mêmes thèmes et que Howard était un arbre qui cachait toute une forêt.   Le texte de Clifford Ball est assez verbeux et a quelques longueurs et la thématique pouvait être originale pour l'époque mais aujourd'hui est devenue extrèmement classique. Reste Niczin Dialhys qui nous propose quelque chose de très proche de Clark Ashton Smith mais en beaucoup plus psychédélique. Ce texte est un véritable OVNI. Malheureusement sur la forme il a assez mal vieilli.

Les textes modernes.
Trois textes sont signés par des chanteurs de metal. (je ne connais pas le metal, je mets entre parenthèses les noms des groupes où ils officient, je ne sais pas si ils sont connus)
Celui de Geoff Blackwell  est le plus faible. Assez classique dans son déroulement, il est plutôt court. Finalement un texte assez faible. Howie K Bentley (in Cauldron Born) nous propose un texte plein de sauvagerie, assez caricatural dans sa première partie. Mais qui se dédouane par sa fin quand on découvre la véritable nature du protagoniste. Finalement de tous les metaleux au sommaire c'est Byron A Roberts (Bal Sagoth) qui s'en sort le mieux avec cette histoire de pirate elisabethain qui se prépare pour une quête au long court. Il s'agit du fragment d'un texte plus long.
Ce qui le cas de ce que nous offre Gael de Roanne avec un texte à la manière de Jack Vance bien dans la veine du maître que je confesse avoir beaucoup aimé.

Pour le reste D.M Ritzlin s'en sort bien avec le texte qui donne son nom au recueil, avec une belle. invention et on sent un vrai univers derrière.
Harry Piper nous offre une histoire de malédiction qui peut changer le court d'une bataille.
Schuyler Hernstrom est un auteur qui a une vraie créativité mais la morale de son texte est assez malsaine en justifiant les génocides pour sauver l'humanité de sa décadence.
Mark Taverna enfin use de la sword and sorcery pour dénoncer l'intégrisme religieux dans un texte aux allures de tragédie.

Une anthologie assez inégale finalement mais plaisante.

dimanche 25 août 2019

SF et diversité

Il y a quelques années je faisais remarquer que le milieu SFFF français était plutôt blanc et je m'interrogeais sur la question du racisme. Un célèbre auteur m'avait renvoyé dans les cordes en me disant qu'il n'y avait pas de racisme dans le milieu. Le même auteur reconnaissait pourtant qu'une partie du milieu était sexiste.
On sait que Fleuve Noir refusait de publier des femmes dans la collection Anticipation et ce jusqu'à l'arrivée de Nicole Hibert. Julia Verlanger a dû user d'un pseudonyme masculin pour contourner cet obstacle. Je ne serais pas surpris si la même mesure d'exclusion s'appliquait aux auteurs de couleurs à l'époque. Mais je n'ai pas d'information là dessus.
Mais j'ai du mal à comprendre que la revue Fiction n'ai dans les années 70 et 80 jamais publié d'auteurs francophones de couleur. Ne serait ce que des francophones issus de pays africains ( j'ai lu il  y a quelques temps un article qui tant à prouver que la revue était lu en Afrique du Nord).
Quand on regarde à l'étranger la SF britannique a accueilli ses premiers auteurs de couleur dans les années 2000 alors qu'elle est réputé progressiste. La SF américaine elle, a publié Samuel Delany et Octavia Butler dès les années 60, en dépit de l'influence campbellienne.
Donc on peut se demander s'il n'y a pas une part de frilosité de la part des éditeurs français et Européens.

mardi 6 août 2019

Livres de voyage

Aujourd'hui l'on voit de plus en plus de gens occupé dans les transports avec leurs smartphones à regarder des vidéos de chat en HD ou à envoyer des textos aux collègues qu'ils viennent de quitter et qu'ils retrouveront le lendemain. Bref c'est déprimant.
Mais pourquoi ne lit-on plus ? Et bien parce que les gros pavés de 800 pages ce n'est pas pratique en emporter. Ce que l'on veut lire quand on part en voyage, quand on est dans le train, dans le tram ou dans le bus ce sont des romans courts. Et bien on commence à le comprendre.
Aux USA Tor a lancé le label Tor.com qui publie des novella et des romans courts. Dans le domaine du thriller, James Patterson a lancé son label pour publier des romans courts.
Chez nous le Bélial a la collection Une Heure Lumière et la collection Pulp. Les Saisons de l'Etrange publient des romans courts d'aventure pas prise de tête. Et il y aussi Rivière Blanche, le Carnoplaste ou Pulp Factory. Les gens qui veulent voyager ont de quoi faire et peuvent commencer à acheter des romans à lire dans les transports en commun dans leur P.A.L.
Mais chez nous les gros éditeurs n'ont pas encore créé de collection de novella ou de romans courts. Je sais de source sûre que ce n'est pas encore d'actualité chez Bragelonne par exemple. Dommage. Parce qu'entre commander des livres en prévision de ses voyages où les acheter en maison de la presse ou en Relay, c'est différent. La collection de James Patterson est vendu en drugstore aussi bien qu'en librairie. J'ignore ce qu'il en est de Tor.com. Mais c'est bien par le roman court que l'on va permettre de remettre la lecture dans le temps du voyage. Et permettre ainsi aux gens de déconnecter un peu.

samedi 27 juillet 2019

Qu'est ce que le francofuturisme ?

Liberté, égalité, fraternité sont les trois valeurs mise en exergue par notre république. Trois valeurs qui incitent au vivre ensemble et à la solidarité. Trois valeurs qui sont au cœur du francofuturisme, le courant de science fiction construit autour de ces valeurs positives.
Je crois que le plus ancien exemple que l'on peut trouver c'est Les futurs mystères de Paris de Roland C Wagner avec cette France où cohabitent des tribus construites autour de leurs affinités socio-culturelles. Société pacifiée où le vivre ensemble est une réalité et non une utopie.
Mais je voudrais parler de deux auteurs qui actuellement sont en train de construire ce francofuturisme.
Tout d'abord Jean Bury qui avec son roman les Chasseurs Noirs présente un humanisme fort au cœur de l'effondrement. La ville de Toulon refait naître la République en mettant en avant les trois valeurs citées au tout début. Et c'est cet attachement à ces valeurs qui leur permet de mettre en place le programme de démobilisation des enfants soldats. Ces enfants qui fraternisent alors que quelques semaines auparavant ils étaient encore ennemi. Je crois que Jean Bury n'a pas encore tout dit sur ce thème du vivre ensemble et qu'il y reviendra dans ses prochains textes.
Autre auteur qui me semble aussi relever du francofuturisme, Jean Christophe Gapdy. Lui nous propose une vision positive du multiculturalisme. Et développe en filigrane des thèmes autour de la liberté, celle des androïdes qui veulent être reconnu comme des citoyens comme les autres par exemple.
Le francofuturisme n'a pas fini à mon avis de donner des œuvres intéressantes. Ce courant n'en est qu'à ses balbutiements.

Effets collatéraux

C'est fous comme la crise des Puppies a fait bouger les éditeurs anglo-saxons SFFF. Ils se sont rendus soudain compte qu'il ne tendaient plus la main aux rôlistes, qu'ils ne l'avaient sans doute jamais tendu aux gamers. Et ces derniers se sont tournés vers des auteurs conservateurs voir parfois pire. Seul Baen avait une réelle offre gamer friendly. En tout cas aux USA.
Car l'éditeur britannique Angry Robot, lui a publié depuis ses débuts des auteurs issus des milieux rôlistes. Il ne faut pas oublier qu'à l'origine de cet éditeur l'on trouve Mark Gacoigne, l'un des fondateurs de Games Workshop. Et il est assez naturel de trouver dans les commencement de l'éditeur des transfuges de Black Libray venus montrer qu'ils savaient aussi écrire des romans originaux et le faire bien.
Mais depuis 2015 l'offre gamer friendly on la trouve chez Orbit ou chez Tor. D'ailleurs les sorties récentes ou à venir du label Tor.com montre bien cette préoccupation. Border Keeper de Kerstin Hall avec son univers weird qui fait écho à certains univers développés par l'aile progressiste de l'OSR, Gideon the Ninth, roman de space opera gothique essaie de séduire les amateurs de la franchise 40K pour leur faire découvrir autre chose. Et je pense que ce n'est pas fini.
Montrer que des auteurs progressistes pouvaient aussi construire des univers populaire pour un public cherchant des littératures proches des autres média était la réponse appropriée. Je suis content de voir qu'elle a été appliquée.

mardi 16 juillet 2019

Relais H

Je me souviens du milieu des années 90. À cette époque il était courant de trouver dans les relais H des romans de SF ou de fantasy. Fleuve Noir Anticipation puis Fleuve Noir SF, J'ai Lu SF et Pocket SF. En fait depuis les années 80 l'imaginaire était présent en Relais H.
Depuis le début des années 2000 curieusement la présence de l'imaginaire dans les Relais H s'est réduite comme peau de chagrin jusqu'à n'être qu'exceptionnelle. On trouvait encore il y a quelques années un Milady ou un J'ai Lu SF mais vraiment à de rares occasions. Maintenant il semble que les collections SF poche aient totalement disparu des Relay comme ils se font appeler maintenant. Comme si les voyageurs rejetaient la SF et la fantasy comme littérature de voyage. Mais je sais qu'il n'en ait rien.
Le rayon polar lui, dans le Relay que je connais le mieux, celui de Limoges a légèrement augmenté. On se demande bien pourquoi un mauvais genre a renforcé sa présence et qu'un autre par contre finit par y disparaître. Est dû au changement d'actionnaires dirigeants chez Hachette, entre la famille Lagardère et Bernard Arnault ? Ou l'explication est à chercher autre part ?