samedi 6 avril 2013

Du coté d'internet

Il y a d'intéressantes publications en ligne. Je vais donc vous parler de deux d'entre elles lues récemment :

Le grand plongeon de Julien Morgan :
Roman feuilleton, 4 épisodes parus sur huit.
Un space opera qui nous entraîne dans les coulisses pas vraiment jolies d'une émission de téléréalité spectaculaire,Le Grand Plongeon du titre, dont les participants sont des enfants. Tout part de la sélection d'un candidat qui porte le nom d'une religion mal aimée. Et les conséquences de cette sélection vont amener des complications assez énormes. Nous n'avons pas ici de personnages sympathiques, finalement le personnage le plus présentable est un dealer et un tueur à gage. On est assez proche des univers de Peter F Hamilton mais la violence de l'univers fait beaucoup penser à Joel Houssin.

La geste Klarg le Troll de Nicolas B Wulf :
On a coutume de dire un peu de poésie dans un monde brute. Pour Nicolas B Wulf c'est plutôt un peu de brute dans un monde de poésie. Ce long poème épique met en scène, en effet, un jeune Troll. Mais celui ci est à la fois peureux et non violent, donc pas nécessairement conforme aux canons de son peuple. Mais contre toute attente ( et aussi contre lui même) il deviendra un héros. C'est drôle, c'est spirituel. A lire si vous aimez la poésie épique.

jeudi 14 mars 2013

Je suis old school et je ne me soigne pas.

C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs soupes. Et parce que je pense que la SF d'avant était meilleure que celle d'aujourd'hui, cela fait de moi un ringard. Mais bon ce qui me rassure c'est que je ne suis pas tout seul. Et même chez les anglophones l'exaspération gronde contre le post modernisme ( vous savez cette attitude qui consiste à rompre avec ce qui précède). Même des gens respectables s'y mettent. Je lisais récemment un article ou Mike Brotherton ( auteur de SF mais aussi astrophysicien) s'emporte contre la singularité qui est pour lui plus un dogme quasi religieux que de la vraie science. Sur son blog Athena Andreatis critique de manière très violente l'idéologie transhumaniste et défend une SF plus soft. Elle va même jusqu'à dire la SF soft est parfois plus rigoureuse sur le plan scientifique que la hard SF ( une opinion que je partage assez, d'ailleurs). Elle est aussi à l'origine de Other half of the sky, une anthologie de space opera féministe brillamment fundraisé fin 2012.
Il faut voir que des projets plus old school finissent par sortir du bois. Et l'homme qui symbolise cette reconquête old school se nomme Brian Thomas Schmidt. Il a publié deux romans de space opera chez une small press et a fundraisé deux projets d'anthologies de space opera qui ont tous les deux été financés.
Le old school revient aussi en force en fantasy. Après la vague du grimm and gritty, on en vient à des valeurs plus traditionnelles. Notamment la sword and sorcery qui fait son retours grâce aux plumes de James Enge, Saladin Ahmed ou John R Fultz. Et on voit arriver une fantasy plus "free style" grâce à Bradley Beaulieu ou aux derniers romans de Martha Wells, retours d'une époque où les auteurs osaient explorer n'importe quelle direction même les plus improbables. Et surtout on s'éloigne du canon à la Tolkien qui étaient l'arbre qui cachait la forêt et même l'empêchait d'évoluer.
Je suis old school, mais comme le old school revient, je ne pas seul. Je me sens beaucoup moins dans la peau d'un ringard. Ca fait plaisir quand les nains s'assoient sur les épaules des géants plutôt que de les ignorer. Les choses vont enfin pouvoir évoluer car en littérature comme ailleurs il n'y a pas de futur sans passé.

dimanche 17 février 2013

De l'existence de la fantasy urbaine

La fantasy urbaine est sans doute beaucoup plus diversifiée chez les anglosaxons que chez nous. En France la majorité de ce qui paraît est en fait de la bit lit, une étiquette qui n'en est pas une. Pour donner quelques exemples de ce que l'on ne nous traduit pas chez nous : la série des Shadow ops de Myke Cole, une série mêlant opérations militaires, lutte antiterroriste, magie, univers parallèle et créature fantastique. Autre série intéressante, Incryptid de Seanan McGuire met en scène des cryptozoologistes.
Mais aujourd'hui, il est clair que l'éditeur qui a le plus fait pour la fantasy urbaine, à savoir Bragelonne, ne nous les traduira pas. Sur leur forum, plusieurs membres du staff disent que la fantasy urbaine n'existe pas, c'est en fait du fantastique. Sauf que la fantastique au sens que lui donne Todorov c'est la confrontation du réel avec un éléments surnaturels qui sort les protagonistes de leur zone de confort. Alors que la fantasy urbaine en multipliant les éléments surnaturels qui en viennent à former un véritable continuum, a pour but provoquer un réenchantement du monde. Ce n'est pas la même chose. Mais Bragelonne a créé le terme bit lit pour rassembler sous une même bannière la fantasy urbaine et la paranormale romance quand celles mettent en vedette un protagoniste féminin. Les dossiers Dresden de Jim Butcher sont parus dans la collection fantastique. Si cette série cartonne un peu partout, en France les  ventes n'ont pas été à la hauteur et la série s'est arrêtée. Pourquoi ? Tout simplement parce que le classement en fantastique n'était pas pertinent. Si Bragelonne avait utilisé l'appellation fantasy urbaine, la série se serait mieux vendue car elle aurait trouvé son public. Car le public du fantastique traditionnelle ne cherche pas à lire de la fantasy urbaine. Mais s'il l'avait fait il aurait été obligé de reconnaître de Patricia Briggs ou Kelley Armstrong c'est aussi de la fantasy urbaine et l'on aurait pas créé cette fausse catégorie qu'est la Bit Lit. Et Milady n'aurait jamais percé dans les supermarchés. Bragelonne et Milady auraient sans doute publié moins de titres et sans doute ils auraient privilégié la qualité. Et ce ne serait pas un mal.

samedi 16 février 2013

Des nouvelles des espoirs

Si vous lisez régulièrement ce blog vous avez sans doute lu la série d'interviews sur les espoirs de l'imaginaire. Il se trouve qu'en ce début 2013 trois d'entre eux ont une actualité.
- Aurélie Wellenstein a eu la joie de voir sortir son roman "le Cheval d'ombre" dans la collection jeunesse des éditions Sortilèges.
- Blanche Saint Roch a fait paraître son roman Animae ( sous le pseudonyme de Roxane Dambre) chez un petit éditeur dont le nom m'échappe.
- Quant à Philippe Goaz le premier tome des aventures de Zordar va paraître incessamment sous peu chez L'ivre Books.

Rester connecté; d'autres espoirs vont avoir une actualité dans les prochains mois ( Anthony Boulanger et Julien Heylbroeck entre autre).

lundi 28 janvier 2013

Paranormal : dangereusement innoffensif

La vague du paranormal a déferlé sur la fantasy américaine depuis le milieu des années 2000 avec une explosion depuis 2008. La tendance semble s'inverser. Ce marché a atteint une certaine maturité. Les éditeurs ne semblent plus vouloir sortir de nouvelles séries à la chaîne.
Le pourquoi du lancement de cette vague peut être intéressant. Certes, on peut penser que le public cible est la ménagère et que cela correspond à la stratégie des éditeurs souhaitant être plus présent chez Walmart. Mais il existe une autre explication plus inquiétante hélas. La paranormal fantasy est innoffensive.
La paranormal fantasy est plus innoffensive que la SF, littérature subversive s'il en est. Et en ces temps où le créationnisme gagne du terrain et que la droite la plus décomplexée du parti républicain n'hésite pas à manier les références religieuse contre la science instrument de propagande athée selon eux, il semble que la SF ne soit pas en odeur de sainteté pour des éditeurs souhaitant maximiser leur profit et cibler un large public. Traqueur Stellaire en parle mieux que moi : http://www.traqueur-stellaire.net/2013/01/creationnistes-contre-evolutionnistes-inquietante-situation-americaine/
La fantasy résiste mieux. Mais on remarque que beaucoup d'auteurs américains ont publié en Grande Bretagne avant de connaître les  joies de l'édition américaine. La fantasy parle de religion, peut se permettre de dénoncer l'intégrisme et les conflits religieux ( R Scott Bakker) ou alors développer des systèmes de croyance originaux. La fantasy à monde secondaire parle du polythéisme, analyse parfois le fait religieux. Et ça, ça ne peut également pas être suffisamment fédérateur pour une société clivée par ce même fait religieux.
Le pays européen où cette littérature marche le mieux c'est la France, pays en trains lui aussi de connaître une reprise en main religieuse. Comme dans les périodes précédentes où l'on a connu cet état de fait, la SF régresse. Je ai déjà parlé dans un long article : http://propos-iconoclastes.blogspot.fr/2009/11/imaginaire-censure-et-religion.html
 Et la fantasy résiste mais c'est quand même la bit lit qui tire son épingle du jeu. Pour être consensuel soyons innoffensif, c'est la parade que l'on a trouvé pour défendre l'imaginaire. Ca  en serait pitoyable si ça en était inquiétant.

lundi 21 janvier 2013

cuisine et science fiction.

La différence entre la sf pulp et les séries à licence c'est un peu comme celle entre le bistrot de quartier et MacDonald. Les bistrots de quartier, ils sont tous différents et on peu certes tomber aussi bien sur de la bonne nourriture que sur une infâme tambouille. Mais même dans ceux où l'on sert l'infâme tambouille citée précédemment on trouve une authenticité qui fera toujours défaut au MacDonald. Parce que MacDonald c'est de la cuisine industrielle, standardisée. Lorsqu'on on y va on sait ce que l'on va y trouver : des hamburgers.
Cette standardisation c'est également la marque des romans à licence. On a beau les confier à de très bons auteurs, ce ne sera jamais leurs personnages et leur univers. Ils ne feront qu'écrire une histoire décidée par d'autres ou dans le moins pire des cas dans un univers où les grandes lignes leur échappe. Bref à force d'être cadré dans un moule leur personnalité littéraire s'efface au profit de l'univers de la licence. Je préfère les bonnes collections artisanales comme pouvait être Fleuve Noir Anticipation. On y trouvait certes de la tambouille mais aussi de bons petits plats, ni trop riches, ni trop gras. Bref de petites perles littéraires qui surnageaient au milieu. Je préfère les bons artisans littéraires, de ceux qui paufinent avec amour leurs univers personnels pour en faire quelques choses de personnel, d'authentique. Ils vont y mettre un peu d'eux, de leurs origines. Parce qu'un Parisien n'écrit pas comme un Breton ou Auvergnat, comme un New Yorkais ne raconte pas les mêmes choses qu'un Texan. Bref une écriture qui vient des tripes.
J'aimerais toujours les histoires pleine d'extraterrestres, de robots, de vaisseaux spatiaux et de duels au pistolaser. Mais autant que ce soit une histoire originale qui me surprenne plutôt que le Xéme roman Star Wars ( et pourtant j'aime Star Wars).
J'aimerais toujours les récits de fantasy avec des guerriers, des magiciens, des créatures fabuleuses et des espèces non humaines. Mais là aussi autant que ce soit un univers unique qui ait une chance de me faire vibrer plutôt que la déclinaison d'un jeu vidéo à succès.

dimanche 20 janvier 2013

Mots et légendes n°7

Encore un numéro de bonne qualité avec des nouvelles extrêmement diverses. Cette fois ci on nous entraîne dans les sous terrains et les fonds marins.
- Marie Anne Cleden dans "noyer le poisson" nous parle de scientifiques extraterrestres qui étudient les fonds marins de notre bonne vieille Terre. Mais bien évidemment leurs intentions ne sont pas aussi pures qu'on pourrait le penser.
- Dans le "Parfum du pouvoir" Hans Delrue, auteur dont on se demande bien pourquoi il n'a toujours pas été publié dans les revues pros, nous entraîne à la suite d'un groupe de mercenaires chargés de protéger un politicien dans sa descente dans les égouts d'une cité de fantasy. Ses motivations sont bien entendus pas vraiment des plus honnêtes.
- "Centon des carrières du Val de Grâce de Gilles Thomas est un texte atypique composé de fragments de témoignage à propos de certains catacombes parisiens. Le fantastique y est ténu et tient surtout à l'ambiance. Mais on se prend tout de même au jeu.
- 'Le gardien au fond du puit" revisite une vieille légende française en y confrontant un voleur.
- C'est dans une ambiance plus étouffante que nous convie Grégory Covin avec "Le Dernier Palier". Il nous fait partager le quotidien d'une expédition sous marine qui comme de bien entendu se retrouvera confronté à l'horreur mais à une horreur cosmique tout à fait inattendue.
- Enfin "lettre à l'humanité" nous convie à la fin de l'humanité dans un texte sombre et désespéré où le dernier suvivant essaie de survivre justement à l'effondrement du dôme où il réside.

Mots et Légendes s'améliore de numéros en numéros. Celui ci n'est pas loin d'être le meilleur depuis le début de la webrevue. Si dans certains numéros précédents on avait pu reprocher des textes assez inégaux, ici les textes sont d'un niveau bien plus homogène et d'un très bon niveau. Mots et Légendes s'affirme comme une publication à suivre.