vendredi 6 novembre 2015

Les espoirs de l'imaginaire : Laurent Pendarias

1 Pouvez-vous vous présenter en quelque mots ?

Je suis professeur de philosophie et en parallèle je termine ma thèse de doctorat sur la question de l’action dans l’incertitude. J’adorais/j’adore les livres dont vous êtes le héros, les romans, le cinéma, les arts martiaux et les créatures fantastiques.


2 Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

J’enseigne la philosophie et, en 2013, j’ai voulu mettre en récits certains concepts pour faciliter l’accès du public à des pensées parfois jugées trop abstraites (par exemple « Je reviendrai » raconte comment Kant affronte un Terminator steampunk avec sa philosophie). Les premiers essais ont convaincu les éditeurs. Depuis, j’ai publié une quarantaine de nouvelles dans divers anthologies, fanzines et webzines, qui ont parfois reçu des distinctions (1er prix ENSTA 2014). Par la suite, j’ai collaboré au développement de jeux vidéo (CrowntakersLoki’s exileUndead Undertaking). Dernièrement nous avons réalisé La onzième horde, un RPG textuel en hommage au roman d’Alain Damasio La Horde du Contrevent.


3 Tu es diplômé en philosophie. Comment la philosophie influe-t-elle sur ta manière d’écrire la SF ou la fantasy ?

La philosophie influe doublement sur ma manière d’écrire. D’abord, ma conception de la création artistique est conditionnée par les analyses des philosophes lus (Alain, Hegel, Nietzsche) et ces derniers ont souvent cherché à démystifier les supercheries en montrant le travail concret.
Ensuite, elle influe directement sur le choix des motifs puisque je prends systématiquement un philosophe, un concept ou une analyse comme sujet d’une nouvelle. Par exemple, De mortuis raconte une attaque de zombies en 1500 et illustre la pensée de Machiavel. Pandémonium peint un monde où les femmes monopolisent le pouvoir, pour mieux traiter la question de l’égalité des sexes. Livreuse vous met dans la peau d’une camionnette intelligente du futur et reprend la critique de libre-arbitre de Nietzsche.

4 Quels sont tes principaux projets littéraires ?

Actuellement nous travaillons sur AEnigma qui n’est pas un projet littéraire au sens classique du terme… mais qui concerne la question de l’écrit…
En 2015, on tend à séparer voire à opposer les univers de la littérature et du jeu vidéo. Pourtant, on pourrait envisager que les deux sont des formes de narration qui partagent plus de points communs que de différences. Au lieu de chercher à gonfler sans cesse les performances techniques des consoles, on pourrait améliorer les scénarii et les contenus proposés.
Cinq écrivains expérimentés (Anthony Boulanger, Jean-Marc Renaudie, Sophie Dabat, Marie Caillet et Yann Quero) rédigent les épisodes d’une histoire que nous programmons sous forme de mini-jeux.
Fugushiman, Veprikov et Capitaine Blue (du collectif Orbesonge) ont réalisé les graphismes et JDB Artist les musiques inédites. Enfin Aurélien « Fox Fiesta » Dos Santos a assuré le level design.
Vous pouvez retrouver le premier épisode à cette adresse :

lundi 12 octobre 2015

Un imaginaire en voie de disparition

Le modèle imposé par Tolkien avec ses créatures et ses codes est vite devenu le coeur de la high fantasy. Et ce au détriment d'un imaginaire plus traditionnel issu notamment du substrat médiéval. Comme le vénérable professeur d'Oxford a réinventé le vieux folklore nordique en le mâtinant d'influence celtique et médiévale, l'on attend encore que quelqu'un vienne récupérer cette matière européenne pour la transcender et lui donner ses lettre de noblesse.
Si tout le monde sait aujourd'hui ce que sont les Elfes ou les Nains, la plupart d'entre n'ont sans doute jamais entendu parler des Panotii, des Cynocéphales, des Sciapodes ou encore des Blemmyes. Autant de créatures qui méritent un scribe pour les faire revivre. Pourtant ces créatures et quelques autres étaient au coeur des récits fantastique de l'homme du moyen âge et ont même accompagné celui de l'homme de la renaissance au même titre que les mythes greco-latins. Elles ont été au centre des livres de merveilles de Jean de Mandeville ou de Gervais de Tilbury. On les trouve dans les chansons de geste et dans les romans (notamment les romans "antiques"). C'est tout une part du patrimoine de l'imaginaire que la fantasy moderne ne s'est pas approprié. Pourtant en tant que patrimoine je pense qu'il faudra bien un jour que les auteurs européens et notamment français le redécouvrent, se le réapproprient pour pouvoir en faire une matière à la base d'un nouveau courant de la high fantasy.
En effet les utilisations de ces créatures et de l'imagerie issue des mirabilia médiévaux est rare en fantasy. Récemment l'américaine Catherynne M Valente a fait d'une Blemmye l'héroïne d'un de ses cycles. Mais à part cela je n'ai pas connaissance d'auteurs qui ont utilisé ces êtres. Le jeu de rôles non plus les a rarement intégré dans les manuels de monstre des jeux médiévaux fantastique.
Peut être que ces êtres et tout cet imaginaire issu du moyen âge, resté vivace parfois jusqu'au 18éme siècle attend son Tolkien. L'auteur qui saura en faire les fondations d'une nouvelle fantasy épique.

vendredi 9 octobre 2015

Les espoirs de l'imaginaire : Frank Cassilis

1 - Peux tu te présenter en quelques mots ?

Je me nomme Franck Cassilis. Passionné d'Histoire et de littérature de l'imaginaire, je viens d'avoir 36 ans. J'écris depuis une bonne dizaine années de la fantasy principalement, mais aussi de la SF durant mon temps libre. J'ai un blog d'auteur où je parle de mon actualité littéraire : fcassilis-auteur.blogspot.com.

2 - Comment es tu arrivé à l’écriture ?

En lisant assidûment depuis l'enfance. J'ai commencé par les Livres dont Vous êtes le Héros (Loup Solitaire, Sorcellerie, Défis Fantastiques...) puis j'ai découvert Tolkien, Eddings, Vance, Moorcock. J'étais fasciné par ces grands récits d'aventures se déroulant dans des mondes imaginaires. Dès l'adolescence, inspiré par ces grands noms, je développais mon propre monde de fantasy. Puis vers 2003, je me suis lancé dans l'écriture de nouvelles dans cet univers et depuis je n'arrête plus.

3 - Tu développes depuis quelques années un univers médiéval fantastique : le Septentrion. Peux-tu nous le présenter ?

C’est le monde imaginaire que j’ai développé depuis l’adolescence. C'est là que se passe la majeure partie de mes intrigues. Le Septentrion connait une évolution historique à travers les millénaires. Plusieurs périodes se sont succédées :
1- les Temps Archaïques (préhistoire dominée par des divinités sauvages)
2- les Temps Anciens (la période des grands empires jusqu'à la chute du dernier d'entre eux, Tuvalia)
3- les Temps Héroïques (époque des royautés barbares jusqu'à l'industrialisation)
4- les Temps Modernes (la période de démesure technologique)
5- les Temps Galactiques (la conquête du cosmos où se côtoient archaïsme et démesure technologique).
C’est ainsi que j’ai écrit, pour ce cycle, des récits de fantasy médiévale, de fantasy antique, de steampunk, de fantasy urbaine, diesel-punk, de space-opera ou science-fantasy.
Dans cet univers, j'ai déjà publié chez L'ivre-Book un novella de fantasy, Les Factions Rivales et une nouvelle dans le E-zine ECCE, Le Médaillon. Bien sûr, j'ai d'autres projets dans cet univers que j'espère faire publier.

4 - Quels sont tes autres projets littéraires ?

D'abord, développer mon univers de fantasy historique, un moyen-âge alternatif où les monstres et les démons existent vraiment. J'ai déjà publié dans le E-zine ECCE un texte dans cet univers, La Tanière du Diable qui narre les aventures du chevalier Gadifer de la Salle contre les démons en royaume de France durant la Guerre de Cent Ans.
Puis, m'atteler à un roman de SF dans l'univers de la nouvelle que j'ai publiée dans l'antho Dimension Système Solaire chez Rivière Blanche, La Folie de l'Espace. Ce serait un mélange de post-apo, d'anticipation et de space-opera. Rien que ça.

Bref, j'ai du pain sur la planche et c'est tant mieux !

lundi 28 septembre 2015

Europulp

L'Europe doit avoir un futur et pour cela il faut qu'elle ait un passé. Il semble qu'en France on l'ai un peu oublié. Alors que le pulp connaît une véritable renaissance en Espagne et qu'il n'ait jamais cessé d'exister en Allemagne, qu'en Grande Bretagne, il relève également la tête, la France reste curieusement à la marge de ce mouvement. Pourtant le pulp à la française continue à exister grâce à des small press comme Rivière Blanche ou Le Carnoplaste. Mais le récit populaire mérite mieux. Mais pour cela encore faudrait - il que l'on reconnaisse que cette littérature populaire européenne ait existé, qu'elle a même été capable d'influencer les pulps américains au début du vingtième siècle.
Des gens comme Serge Lehman, Jean Marc Lofficier ou Xavier Fournier défriche ce riche patrimoine pour le donner aux générations d'aujourd'hui. Enfin reconnectée à l'histoire de sa littérature populaire la France pourra enfin en être fière, se rendre compte qu'elle n'a pas à rougir face aux anglo-saxons.
Un fois que l'on se sera rendu compte qu'elle a été un champ d'expression majeure qui a donné de nombreuses pépites, que l'on a crée des genres et lancés des thèmes nouveaux, un jour ou l'autre il faudra créer un néo-pulp à la Française qui rejoindra la grande famille de l'Europulp.

Car une fois que les traditions pulps nationales auront été ré-éxhumée, il faudra bien dialoguer pour créer un langage populaire littéraire européen qui ait ses codes propres.

dimanche 20 septembre 2015

Eurofuturisme

Dans un article de 2013 sur le défunt site Acta est Fabula, Florent Leenhart avait appelé à la création d’un genre Europunk.
http://europaen-tribune.blogspot.fr/2015/08/europunk.html
Plus que d’un Europunk, c’est un véritable Eurofuturisme que nous devons créer sur le modèle de l’Afrofuturisme.
Dans l’Afrofuturisme un certain nombre d’auteurs noirs mêlent haute technologies et culture et spiritualité africaine pour imaginer un futur possible et positif de l’Afrique. Ce qui est possible pour l’Afrique devrait l’être pour l’Europe. Mêler la technologie à des éléments de culture européenne pour imaginer un avenir positif de l’Europe est presque salutaire, un acte de foi en l’avenir pour imaginer une Europe unie qui crée un modèle bien loin des canons proposés par l’UE d’aujourd’hui. J’ignore ce que peuvent écrire les auteurs Espagnols, Italiens ou Allemand sur thème mais je vois par contre très bien que l’Europe est présentée comme une entité assez négative dans la SF du futur proche construite par les auteurs français. 
La seule exception est Roland C Wagner. En mélangeant un futur où l’Europe arrive à être à la pointe de la société de l’information à la suite de l’éclatement des USA, et à résister aux Technotrans japonaise grâce au modèle des tribus et aux archétypes jungiens, on a là un des rares exemple de cet Eurofuturisme dont je parle plus haut. C’est vrai que les auteurs européens ne sont pas très fiers. Ils avaient imaginé l’Europe comme la puissance de la résistance au néolibéralisme et elle en est devenu le cheval de Troie allant bien plus loin que les USA dans la construction de ce modèle ( dans le même temps les utopies urbaines et alternatives se multiplient aux USA), malgré une résistance des peuples et surtout d’un certain nombres de territoires. Mais ces territoires qui osent l’utopie ou tout du moins bâtir des alternatives crédibles devraient être la source d’inspiration des auteurs pour créer  des spéculations innovantes loin de la grisaille quotidienne que nous apporte l’actualité. 

Imaginer une Europe différente est devenue une urgence, je suis entièrement d’accord avec Florent Leenhart. Mais l’Europunk qui se contente de dénoncer le modèle d’aujourd’hui sur le modèle de ce qu’a été le cyberpunk n’est absolument pas ce sur quoi il faut mettre l’accent. Les auteurs de SF doivent aussi être capable d’apporter l’espoir et pas seulement l’inquiétude en suivant la voie facile de la dystopie. D’autant qu’il y a une Europe qui crée, qui invente, qui cherche et la mettre en avant est une bonne chose. 

mercredi 2 septembre 2015

Riions un peu avec les Sad Puppies

Au mois de mars dernier les Sad Puppies avaient appelé au boycott de l’éditeur Tor, considéré par eux, comme un éditeur gauchiste véhiculant une idéologie politiquement correcte et étant le centre névralgique du prétendu complot des Social Justice Warriors. Mais si l’on observe les signatures de Tor depuis 2010, on trouve deux membres des Puppies : John C Wright et Michael F Flynn. Et ce n’est pas les seuls auteurs conservateurs publiés par l’éditeur américain. Par exemple il continue à sortir les romans de Terry Goodkind. Ou comment se tirer une balle dans le pied.

Quelque part je me demande s’il n’y a pas plus d’auteurs conservateurs publiés par Tor que d’auteurs de gauche publiés par Baen. Si l’on excepte les deux anthologies de John Joseph Adams on serait bien en peine de trouver des auteurs de gauche dans les sorties récentes. Il semblerait toutefois qu’ils commencent à sortir des conservateurs modérés.  Quelque part c’est bien Baen qui a allumé la mèche en publiant des auteurs ultra - conservateurs dans les années qui ont suivi les 11 septembre 2001. Baen avait jusque là, même si bon nombre de ses dirigeants - Jim Baen et John Frenkel, notamment, ne cachaient pas leurs sympathies conservatrices, publiés des auteurs de toutes opinions. (c’est l’éditeur qui a donné sa chance à Melissa Scott, notamment). 

Car non, contrairement à ce qui a été annoncé dans le manifeste des Sad Puppies, cette SF qu’ils écrivent n’est pas de la SF pulp ou de la fantasy pulp. Dans le groupe, il n’y a que Larry Correia qui fait ouvertement du pulp. Les autres écrivent pour la plupart de la SF militaires dans sa déclinaison ultra- conservatrice. L’auteur ayant inspiré les autres étant John Ringo ( même s’il est resté en retrait du mouvement des Puppies). Cette SF militaire à la John Ringo est considérée par Myke Cole comme misogyne et irréaliste. 

Mais à coté de ça le pulp il y a des auteurs qui en écrivent. Mais ce ne sont pas forcément des conservateurs. Curieusement Baen n’a signé aucun des auteurs qui ont sévi dans le webzine Raygun Revival, consacré au space opera pulp. Ce qui veut bien dire que Baen n’avait aucune volonté de privilégier le pulp dans son catalogue (même si il y a quelques auteurs pulps comme Ryk Spoor). Pourtant il y avait un nombre important d’auteurs conservateurs dans le webzine de Bill Snodgrass. Donc s’il voulait publier de la SF pulpy écrite par des conservateurs ils n’auraient eu que l’embarras du choix. Donc cette défense d’une SF pulp par Correia et Torgersen ne tient pas. Et leurs sorties concernant la sword and sorcery qui ne serait plus publiée aujourd’hui est à mourir de rire. Il suffit de regarder le catalogue de Pyr pour s’en convaincre. Il s’agit bien de la défense d’une ligne politique et non de celle d’une ligne littéraire. Et c’est la conséquence des égarements d’un éditeur qui a voulu aller au delà des libertariens et des conservateurs chrétiens habituels. Cette dérive de Baen a conduit au mouvement des Sad Puppies. Ils auraient peut été mieux inspiré de publier du vrai pulp au lieu de SF militaire et militariste.

Les Sad Puppies : l'homme et l'oeuvre

Dans son blog l’éditeur Eric Flint (plutôt à gauche) s’emporte contre les journalistes qui ont un peu vite caricaturé les Sad Puppies.  Selon les journalistes de Wire les récits écrits pas les Puppies parlent d’ingénieurs courageux qui combattent des extraterrestres ou des gouvernements corrompus. 
(source : http://www.ericflint.net/index.php/2015/08/26/do-we-really-have-to-keep-feeding-stupid-and-his-cousin-ignoramus/)
Et il faut reconnaître que Eric Flint a raison de se méfier. Cette description correspond par exemple très bien aux aventures de Jack Brand par John M Whalen. Sauf que Whalen n’est pas un conservateur. Même s’il publiait dans Raygun Revival l’un des webzine de l’éditeur chrétien conservateur Bill Snodgrass. Ce dernier avaitt tenu justement à ouvrir ses webzines à des auteurs d’autres sensibilités. D’ailleurs, Whalen était devenu l’un des slush readers du webzine, dans cette optique d’ouverture. 
Flint justement explique que certains auteurs conservateurs ont largement introduit la diversité dans leurs oeuvres. Mais, il oublie qu’une oeuvre est bien souvent plus intelligente que son auteur. Lovecraft était raciste. Mais la majorité de ses nouvelles n’en font pas mention. Il y a chez Orson Scott Card des propos humanistes et de beaux moments de solidarité humaines. Mais c’est tout de même un conservateur. Un auteur doit parfois prendre des libertés avec sa propre idéologie pour servir le récit. Ce n’est pas l’oeuvre qu’il faut juger mais l’homme. Il cite par exemple Brad Torgersen, en expliquant que son roman The Chaplain’s War est une ode à la tolérance religieuse. Mais le même Brad Torgersen a été violemment critiqué par Myke Cole (peu suspect d’être un Social Justice Warrior) pour ses prises de position vis à vis de l’homosexualité. En effet Torgersen a exprimé le souhait de chasser les homosexuels de l’armée car pour lui l’homosexualité est un comportement immoral. (source : http://mykecole.com/blog/2015/05/an-open-letter-to-chief-warrant-officer-brad-r-torgersen). 
Je ne pense pas que ce soit une bonne idée d’impliquer David Webber dans ce débat. Certes l’auteur est conservateur mais Canadien. Et je ne suis pas sûr que le conservatisme signifie la même chose aux USA et au Canada. 
Quand à John Ringo il est aussi cité par Myke Cole dans une interview donné à Aidan Moher. Il y critique la vision de la femme dans les romans de SF militaire de John Ringo et de l’école qu’il a influencé.
(source : http://aidanmoher.com/blog/featured-article/2014/01/they-didnt-have-to-earn-it-by-myke-cole/).
Quand à Dave Freer, c’est un ami personnel de Eric Flint. On est à la limite de la déontologie. Si l’on sait qu’ils ont consigné des romans ensemble, on a une autre vision de Freer. Même s’il est un supporter des Puppies, il est capable de collaborer avec un auteur ne partageant pas ses opinions. On a là plutôt le portrait d’un conservateur modéré.

Même s’il a raison de mettre les pendules à l’heure, il a le tort de faire des Pupies de pauvres victimes. Et surtout il ne cite que des exemples issus du catalogue Baen. Or Eric Flint est éditeur chez Baen. Il est donc juge et parti. Or Baen n’a pas le monopole des auteurs conservateurs. Même s’il est tentant de parler de ce que l’on connaît le mieux, on aurait quand même aimé qu’il cite des exemples issus de d’autres éditeurs. Bref en voulant démontrer que le procès fait aux puppies est un faux procès il ne démontre finalement pas grand chose et se livre plus à un plaidoyer pro domo qu’autre chose. Chez Baen, il y a des auteurs conservateurs oui mais des auteurs conservateurs propres. Et à juste titre il oublie d’évoquer les Rabid Puppies, Tom Kratman, Michael Z Willamson ou Travis S Taylor. Il n’y avait donc rien à sauver chez eux ? La vision de Flint est à la fois partielle et partiale même si l’on y trouve des éléments extrêmement pertinents, notamment le fait que les Puppies ne sauraient être réduit au suprématisme blanc qui concerne uniquement une minorité d’entre eux.