Spin est loin d'être un mauvais roman. Mais c'est loin d'être le chef d'oeuvre annoncé. Il faut dire que ce roman contient les invariants de l'oeuvre postmoderne : la déconstruction et la rupture. Déconstruction tout d'abord. Wilson nous compte l'apparition de d'une membrane protectrice autour de la terre ralentissant le flux temporel tandis que tout autour le temps continue sa marche inexorable. Mais il ne traite pas ce sujet à la manière d'un Arthur C Clarke ou même d'un Philip K Dick. Non Wilson utilise l'angle de l'intimisme. Les 120 premières pages dégoulinent de pathos psychologique et sont irrémédiablement ennuyeuses. Le livre commence donc à décoller à partir de la page 120 où les différents protagonistes commencent à avoir une approche directe du Spin. Il en va de même de l'opposition entre science et religion. Là aussi Wilson noie le sujet dans un énorme pathos psychologique qui finit par affaiblir le propos.
La rupture est également une figure présente elle aussi. C'est une rupture avec le futur. Nous ne sommes même pas dans la bulle de présent élargie mais dans une mise sous cloche du présent. Le corollaire de cette rupture avec le futur c'est une véritable rupture avec l'histoire. Wilson semble adhérer à la théorie de la fin de l'histoire. Il nous présente la société industrielle comme un horizon indépassable et semble ignorer la société de l'information ou la société du savoir. Les changements viennent d'hommes providentiels comme Jason ou Wun le Martien. Mais les Martiens sont une conséquence de l'envoi de modules de terraformation sur Mars au premier temps du Spin. Il semble que seul une intervention extérieure puisse faire évoluer l'humanité. Mais toute l'histoire du roman est celle d'une rupture. La membrane de Spin coupe la Terre de la réalité temporelle environnante. La pensée postmoderne ne fait pas que limiter l'imaginaire, elle limite également la spéculation. Même si l'idée force de Spin est intéressante, le parti pris de mettre le présent sous cloche et l'échéance fixée au départ pour la disparition de l'humanité vont contribuer à limiter le spectre des spéculations.. Alors qu'il y a autant de modèle économique et sociaux qu'il y a de philosophies et de pensées alternatives. Il y a un renoncement à la SF en tant que laboratoire d'idées.
jeudi 12 août 2010
lundi 2 août 2010
L'attaque des zombies
Les zombies sont à la mode. Normal me direz vous, le récit de zombie est d'après le critique Jean Baptiste Thoret une critique de la société de consommation basée sur le comportement prédateur du consommateur qui se laisse entraîner par l'achat impulsif sans réfléchir contribuant à détruire la planète. Mais ce n'est que de la critique métaphorique. Mais il y a plus. Face aux hordes de zombies on oppose des survivalistes armés jusqu'aux dents, militaires, flics, sportifs ou rednecks. Déjà on remarquera que ce sont tous des individus mettant en avant leur forces, leur capacité à se battre physiquement. Face aux prédateurs on oppose des superprédateurs et il n'y a qu'une solution tuer ou être tué. Si l'on interprète la métaphore, pour lutter contre le consumerisme effrénés il faut tuer les consommateurs prédateurs. On est ici loin d'un modèle humaniste. On est dans un modèle plutôt libertarien, une anarchie conservatrice, où tout est permis puisque la société s'est effondrée. Lorsque l'on a besoin de quelque chose, on a juste besoin de se servir.
Finalement le récit de zombie participe du modèle prédateur en faisant juste semblant de le critiquer.
Finalement le récit de zombie participe du modèle prédateur en faisant juste semblant de le critiquer.
dimanche 25 juillet 2010
Changeons d'époque
Lorsque l'on regarde les programmes de publication des collections une chose frappe : si en fantasy l'on traduit des romans récent, en SF on traduits des romans qui peuvent être récents mais écrits par la génération des auteurs des années 90 (Egan, Baxter) ou même parfois 80 ( Walter John Williams, RC Wilson) que la génération actuelle, celle des auteurs britanniques et américains des années 2000. C'est tout aussi vrai dans les revues où cette génération est tout aussi boudée que ce soit dans Bifrost ou Galaxies. Et pourtant elle est fertile en nouvellistes talentueux que ce soit Yoon Ha Lee, Cat Rambo, Jason Sanford et des dizaines d'autres qui sont au sommaire des revue, webzines et anthologies anglo saxonnes depuis le milieu des années 2000 voir la fin des 90 pour certains. Les romans de Liz Williams, Elizabeth Bear ou Jay Lake, auteurs prolifiques et assez symboliques de cette génération ne sont toujours pas traduit. Chez nous nous devons nous contenter de trois titres de Neal Asher. Ah, le premier roman de Tobias Buckell va être traduit enfin. Mais ni dans la collection Ailleurs et Demain de Robert Laffont, ni au Fleuve Noir, à l'Atalante ou en Denoel Lune d'Encre. Non c'est chez Télémaque un éditeur qui jusqu'à présent publiait de la littérature et qui se lance dans la SF.
Bref il faut changer d'époque. Et oser publier cette génération qui réconcilie sciences exactes et sciences humaines, ose se lancer dans une véritable démarche de création, qui réconcilie les aspects populaires et ceux plus exigeants. Bref une génération qui fait avancer le genre
Bref il faut changer d'époque. Et oser publier cette génération qui réconcilie sciences exactes et sciences humaines, ose se lancer dans une véritable démarche de création, qui réconcilie les aspects populaires et ceux plus exigeants. Bref une génération qui fait avancer le genre
dimanche 2 mai 2010
Del Rey touche le fond
Del Rey est un grand éditeur de SF outre atlantique ou plutôt était. Ils ont en effet multiplié l'achat de licence juteuse et la publication de novellisation dans les années 2000. Autant l'on peu comprendre qu'une franchise comme Star Wars puisse se décliner en roman. De même pour l'univers d'un jeu vidéo comme Mass Effect. Mais voilà, sans que l'on sache qu'elle mouche les pique qu'ils nous sortent un roman.... Transformers. Et on se demande bien ce qu'un auteur de qualité comme Alex Irvine vient faire dans cette galère. Payer ses impôts sans doute.
Je veux bien que le marketing soit le nerf de la guerre. Même j'en suis intimement persuadé. Mais là, on a vraiment touché le fond. Il vaudrait peut être mieux rebondir sur les thèmes à la mode. Ceux qui sont traité par des films ou des jeux vidéos qui marchent, plutôt que nous dériver un pop corn movie. D'autant plus que le film est déjà un produit dérivé du dessin animé qui lui même est le produit dérivé de la gamme de figurine. Bref, un roman servant à vendre des action figures ? Pourquoi pas à la limite, mais Transformers, ça ne peut être que mauvais même traité par un bon auteur comme Irvine.
Je veux bien que le marketing soit le nerf de la guerre. Même j'en suis intimement persuadé. Mais là, on a vraiment touché le fond. Il vaudrait peut être mieux rebondir sur les thèmes à la mode. Ceux qui sont traité par des films ou des jeux vidéos qui marchent, plutôt que nous dériver un pop corn movie. D'autant plus que le film est déjà un produit dérivé du dessin animé qui lui même est le produit dérivé de la gamme de figurine. Bref, un roman servant à vendre des action figures ? Pourquoi pas à la limite, mais Transformers, ça ne peut être que mauvais même traité par un bon auteur comme Irvine.
jeudi 22 avril 2010
Pour ceux qui ont aimé Avatar
Votre petit frère a adoré Avatar et il voudrait découvrir la SF. Eh, bien tonton Fabien a pensé à lui. Voici une liste de quelques oeuvres sur le thème de l'écologie extra terrestre :
Jack Vance : Les chroniques de Cadwal ( en trois tomes chez Pocket)
Sherri S Tepper : Rituel de Chasse (J'ai lu)
Brian Aldiss : le cycle d'Héliconia (3 tomes, livre de poche)
Laurent Genefort : Chasseurs de Sève (Denoel Présence du futur)
Omale (j'ai lu)
Les conquérants d'Omale (j'ai lu)
La muraille sainte d'Omale (j'ai lu)
Christian Léourier : L'homme qui tua l'hiver (j'ai lu)
Les racines de l'oubli (j'ai lu)
Julia Verlanger : Les voies d'Almagiel
D'un lieu lointain nommé Soltrois (tous deux réédités dans l'intégrale consacrée à cette auteure chez Bragelonne, le volume s'intitule, Sur des mondes barbares)
Bandes dessinées :
Léo : Aldébaran
Betelgeuse
Antares
Léo et Ikar : Terres Lointaines
Tout ceux ci sont chez Dargaud
Bourgeon et Lacroix : le cycle de Cyann (Castermann)
J'ai sans doute oublié des tonnes de chose. Si vous voyez un oubli monumental, n'hésitez pas à le signaler en commentaire.
Jack Vance : Les chroniques de Cadwal ( en trois tomes chez Pocket)
Sherri S Tepper : Rituel de Chasse (J'ai lu)
Brian Aldiss : le cycle d'Héliconia (3 tomes, livre de poche)
Laurent Genefort : Chasseurs de Sève (Denoel Présence du futur)
Omale (j'ai lu)
Les conquérants d'Omale (j'ai lu)
La muraille sainte d'Omale (j'ai lu)
Christian Léourier : L'homme qui tua l'hiver (j'ai lu)
Les racines de l'oubli (j'ai lu)
Julia Verlanger : Les voies d'Almagiel
D'un lieu lointain nommé Soltrois (tous deux réédités dans l'intégrale consacrée à cette auteure chez Bragelonne, le volume s'intitule, Sur des mondes barbares)
Bandes dessinées :
Léo : Aldébaran
Betelgeuse
Antares
Léo et Ikar : Terres Lointaines
Tout ceux ci sont chez Dargaud
Bourgeon et Lacroix : le cycle de Cyann (Castermann)
J'ai sans doute oublié des tonnes de chose. Si vous voyez un oubli monumental, n'hésitez pas à le signaler en commentaire.
mercredi 21 avril 2010
Science fiction agricole
Ce qui est bien avec la sf c'est que l'on peut mélanger ses codes avec ceux d'un autre genre. Ainsi la Sf militaire mélange les tropes du space opera avec ceux du roman de guerre. On peut donc imaginer une forme de SF qui mélerait planet opera et roman paysan. Il y serait question d'aventure planétaire vu sous l'angle des agriculteurs qui travaillent ces mondes. On y parlerait du conflit entre tradition et progrès, de l'opposition nature culture, de l'adaptation des cultures agricoles à d'autres environnements, à la sélection d'équivalents locaux de plantes et d'animaux, de xénobiologie.... Bref une forme de SF bien dans l'air du temps quand on connaît l'attachement des français à la terre et à la popularité que connaissent les questions agricoles.
Il s'agit bel et bien d'un délire de ma part. Mais je reste persuadé que si quelqu'un lance ce genre de concept, il risque de rencontrer un public.
Il s'agit bel et bien d'un délire de ma part. Mais je reste persuadé que si quelqu'un lance ce genre de concept, il risque de rencontrer un public.
mardi 20 avril 2010
Made in Albion
Ils s'appellent Philip Palmer, Gary Gibson, Jane Fenn ou Colin Harvey... Ils sont la jeune garde de la SF britannique. Une SF qui bouge beaucoup plus que la SF américaine en tout cas vu d'ici. En 2010 plusieurs premiers romans sont prévus chez des éditeurs importants : Ian Whates (Noise Within), Gavin Smith (Veteran), Hannu Rajaniemi (the quantum thief). Ne cherchez pas ils ne sont pas encore traduits chez nous. Mais force est de constater que s'il existe un renouveau de la science fiction c'est sur le vieux continent qu'il s'opère (quoique la Grande Bretagne c'est pas non plus vraiment la vieille Europe). Et je sens que tout cela n'est pas fini.
Souvenons nous qu'au milieu des années 90 le renouveau de la fantasy était aussi parti de la perfide Albion avec des auteurs comme Tom Arden, Ricardo Pinto, Paul Kearney, JV Jones... Donc avec ce précédent en tête on peut se dire qu'il faut conserver l'oeil sur ce mouvement. D'autant plus que des auteurs de fantasy se convertissent à la SF comme Michael Cobley. Et que les précurseurs du début des années 2000 sont toujours là - Reynolds et Stross bien sûr mais aussi Neil Asher, Liz Williams, John Meaney... Les jeunes auteurs américains ne s'y trompent pas puisque certains des plus prometteurs d'entre eux se font publier par la revue britannique Interzone. La Grande Bretagne est sans doute une terre d'avant garde pour la SF.
Souvenons nous qu'au milieu des années 90 le renouveau de la fantasy était aussi parti de la perfide Albion avec des auteurs comme Tom Arden, Ricardo Pinto, Paul Kearney, JV Jones... Donc avec ce précédent en tête on peut se dire qu'il faut conserver l'oeil sur ce mouvement. D'autant plus que des auteurs de fantasy se convertissent à la SF comme Michael Cobley. Et que les précurseurs du début des années 2000 sont toujours là - Reynolds et Stross bien sûr mais aussi Neil Asher, Liz Williams, John Meaney... Les jeunes auteurs américains ne s'y trompent pas puisque certains des plus prometteurs d'entre eux se font publier par la revue britannique Interzone. La Grande Bretagne est sans doute une terre d'avant garde pour la SF.
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