lundi 13 août 2018

Responsabilité collective

À force de construire des futurs dystopiques, la SF n'a -t-elle pas aidé à leur permettre de s'incarner alors qu'elle voulait seulement faire œuvre de dénonciation ?
Doit -on toujours continuer à parler de la société telle qu'elle est ou alors parler de la société telle qu'elle devrait être ? On peut se poser la question. Aujourd'hui de nombreuses questions sociales ou environnementales se posent. Et parler des solutions me semblent aussi important que de parler des problèmes. D'autant plus que pour beaucoup la SF est devenue la littérature des futurs dystopique. C'est ce qui est mis en avant aujourd'hui. Et cela donne l'image d'une littérature qui joue à nous faire peur. Ce n'est qu'un aspect de la SF. Le mettre en avant me semble contre productif. Dénoncer ne suffit plus aujourd'hui. Dénoncer c'est dire que finalement le pire est là et que l'on est démuni face à lui. Aujourd'hui il faut mettre en avant les solutions.

samedi 4 août 2018

Soyons optimiste

La SF a longtemps joué la carte de la dénonciation et de l'avertissement. Il fallait parler des dangers qui guettaient notre société : bref de la société telle qu'elle est et telle qu'elle ne devait pas devenir.
Au moment où les pires cauchemars du cyberpunk sont en train de devenir bien réel l'on peut se demander si cette stratégie n'a pas été une erreur.

L'un des premier à se poser la question a été Jetse de Vries qui avec son anthologie Shine a voulu lancer une réflexion sur des futurs positifs dans lesquels la société triomphait des différents défis écologiques, sociaux, économiques pour se réinventer. Depuis les auteurs du mouvement Solarpunk ont travaillé sur des futurs où l'humanité arrivait triompher du réchauffement climatique et des autres problèmes écologiques. Bref il s'agit de la société telle qu'elle devrait - être. Cette nouvelle voie est à mon avis beaucoup plus pertinente. Elle lutte contre le fatalisme et pousse les individus à réfléchir sur les choix politiques, économiques et technologiques qui pourraient changer le monde pour le meilleurs au lieu de leur parler du pire.

jeudi 26 juillet 2018

Fandoms locaux

Le regretté Roland C Wagner avait l'habitude de comparer notre milieu avec le rock'n roll. Et il n'avait pas tout à fait tort. Dans le rock'n roll on trouve un enracinement local. La scène nationale étant la somme des scènes locales voir plus que cette somme.
Ce qui frappe dans le milieu SFFF c'est que chez nos voisins notamment en Italie et Espagne il existe des fandoms locaux qui organisent des conventiions régionales. En France, le fandom semble avoir calqué son organisation sur la jacobinisme de notre république et il n'y a pas de dialogue entre un fandom national et des fandoms régionaux et locaux. Peut être est ce là la faiblesse des littératures de l'imaginaire en France ?
J'ai souvent dit que pour être plus fort il fallait que le fandom soit plus bordelique ( soyons juste il l'est plus qu'il y a dix ans),  la création de fandoms régionaux peut y contribuer.

mardi 24 juillet 2018

Le chaînon manquant

Au lendemain de la convention européenne, on peut se demander si avant de se lancer dans l'aventure d'une Worldcon, s'il ne manque pas un chainon.
Ce chaînon c'est la francophonie. Certes la convention nationale accueille des Belges, parfois des Suisses ou même des Québécois. Mais la francophonie ce n'est pas que cela. C'est aussi des Africains et plus rarement des Asiatiques qui ont choisi de s'exprimer en Français. Au moment où l'Anglophonie est en train de prendre conscience de cette diversité, il est un peu dommage que la Francophonie soit à la traîne.
L'organisation d'une convention francophone ou se côtoieraient Français, Belges, Suisses, Québécois, Marocains, Tunisiens, Sénégalais, Ivoiriens, Cambodgiens..... serait peut être le chaînon indispensable pour s'ouvrir au monde. Je ne parle même pas des auteurs des Dom Tom qui ont du mal à se faire reconnaître même lorsqu'ils sont publiés par des éditeurs locaux qui mériterait souvent une reconnaissance en métropole.
La conquête du monde passe par une francophonie unie autour des littératures de l'imaginaire. Un francophonie qui puisse rivaliser avec les anglophones.

lundi 18 juin 2018

Vu à la TV

Dans les années 80 la télévision a diffusé de nombreux dessins animés de SF et l'on a vu une nouvelles génération de lecteurs adolescents arriver.
De 1996 à 2003 la SF a connu un frémissement. C'était l'époque où la télévision française et notamment M6 osait diffuser des séries SF et fantastique aux heures de grandes écoutes.

Bref quand on voit le succès du polar, littérature plébiscitée par le grand public, on ne peut pas ne pas le rapprocher de la domination des séries policière à la TV. Le deuxième genre le plus représentée dans la fiction TV est la comédie romantique. Est ce que cela n'a pas une influence sur le succès de la romance aujourd'hui ?

Bref et si demain la SF et la fantasy revenaient massivement en prime time à la télé est ce que ça n'aurait pas une influence positive sur nos ventes ?

lundi 28 mai 2018

Imaginaire et polar

La grande différence entre l'imaginaire et le polar. C'est que le polar intéresse le grand public et pas l'imaginaire.
Pour quelles raisons ? Pourtant dans nos littératures nous avons aussi des œuvres allant du populaire au très littéraire comme le polar. Un conjonction de facteur explique cela.

- Le polar est le genre qui passe à la télé. La majorité des fictions françaises sont des polars. Une bonne partie des fictions sociales, elles pourraient faire parti du genre noire si elles étaient en littérature. Bref le polar et le noir représentant la majorité du contenu fiction, il y a une appropriation des codes du genres de la part du public.
- À partir de la sortie de la série Le Poulpe, les journalistes se sont beaucoup plus intéressés au polar à cause de l'engagement politique dont faisait preuve les auteurs. On pouvait écrire une littérature de divertissement politiquement engagée. Donc le polar malgré son statut de littérature populaire devenait intéressant à traiter pour eux. Ça a été le début de la progression du genre noir dans la presse.
- Le thriller est le langage hollywoodien dominant.
- Les auteurs de polar mené par Michel Lebrun n'ont pas hésité à partir en guerre contre la blanche à la fin des années 80, à dénoncer la vacuité de bon nombre de textes d'une littérature devenue incapable de parler du social.
- La Série Noire et Rivages Noir ont au début des années 90 augmenté le nombre d'auteurs français publiés et se sont mis à traduire des auteurs autre qu'anglo-saxon.

Je pense que le dernier point cité serait un bon début pour progresser. Arriver à avoir plus d'auteurs français déconstruira une certaine idée qui veut que ce soit des littératures anglosaxonnes, cheval de Troie de l'invasion américaine. De même traduire d'autres domaines linguistiques permettra de montrer des genres qui ont une existence internationale. Même si l'on traduit déjà quelques auteurs allemands, espagnols ou italiens. L'on doit pouvoir aller plus loin.
Après il faut voir sur quels vecteurs de communication l'on peut travailler pour faire le lobbying de nos genres.

Après il existe des problèmatiques qui nous sont propres, notamment les zones blanches dont j'ai déjà moult fois parlés. Et qui vont être assez difficile à résoudre. D'autant qu'en région le polar régional a bien souvent amené un nouveau lectorat au polar. À par sur certaines niches comme la fantasy urbaine ou la fantasy historique c'est une démarche assez difficile à reproduire.

dimanche 4 mars 2018

Clivage

Il existe un clivage dans le fandom. Un clivage social. Je sais que ce n'est pas bien de le dire. Mais quand un problème existe le mieux c'est d'en parler.
Aujourd'hui le noyau dur du fandom est principalement représenté par des gens appartenant à des CSP+ qui recherchent un certain type de lecture. Mais ils sont complètement coupés du lectorat populaire. Et ça peut avoir des conséquences fâcheuses.
Ce clivage a conduit aux USA à l'apparition des Puppies. Les progressistes ne s'étant pas intéressés au lectorat populaire. En tout cas au niveau éditorial parce que des auteurs populaires progressistes il y en a au niveau de la nouvelle.
Chez nous aussi il y a eu des conséquences. Le fandom n'est pas allé tendre la main aux gamers. Non,  il n'avait que condescendance pour eux. Auparavant l'attitudes avait été la même pour les rôlistes. Mais eux ont été capable de s'inviter à la fête et de se faire une place dans la forteresse. Oh, ils n'ont pas été accueilli à bras ouvert comme en Angleterre ou aux USA, mais on a bien été obligé de leur faire une place. Mais les gamers n'ont pas eu la même attitude. Il faut dire qu'ils sont dans la culture de l'image. Aller vers l'écrit c'est un effort conséquent pour eux. Et comme le fandom ne leur a pas tendu la main des trolls d'extrême droite en profité pour les manipuler et leur laver le cerveau avec des idées frelatées.
Reconquérir le lectorat prolétarien est la seule manière de développer les littératures de l'imaginaire en France. Mais j'ai l'impression que nous ne sommes qu'une minorité à le vouloir. Il va falloir brusquer les choses et se battre contre des moulins à vent. On a besoin de collections populaires. Elles se développent et d'ailleurs je suis bien placé pour le savoir. Mais il faut trouver comment entrer en contact avec ce lectorat prolétarien et là je dois dire que je suis un peu en manque d'idées.