mardi 7 octobre 2014

Les espoirs de l'imaginaire : Richard Mespléde

1 Peux tu te présenter en quelques mots ?
J'ai vu le jour dans d'étranges circonstances lors du solstice d'hiver 1975, dans les Landes. Je suis père de famille et exerce actuellement la profession passionnante d'animateur en gérontologie. Mais j'ai une identité secrète, je mène une double vie : j'écris des histoires fantastiques.


2 Comment es-tu arrivé à l'écriture ?

Je dirais plutôt que c'est l'écriture qui est arrivée à moi. Grand lecteur depuis l'âge de dix ans environ (il m'est arrivé de lire jusqu'à trois cent romans par an) mon besoin d'évasion a rapidement orienté mes lectures vers l'imaginaire. Science-fiction, fantasy, horreur, fantastique sous toutes leurs formes... je me suis beaucoup nourri de grands classiques de ces genres comme de bouquins d'auteurs beaucoup moins connus. Et puis, adolescent, j'ai commencé à écrire, pour extérioriser mes démons intérieurs et surtout évacuer un trop-plein d'imagination. Quelques nouvelles et poèmes d'abord, que je faisais lire aux copains lesquels, adeptes de jeux de rôles, y trouvaient parfois l'inspiration, ce qui m'a logiquement encouragé à continuer. Après avoir gagné quelques concours d'écritures qui m'ont permis d'être publié dans de modestes supports (essentiellement des fanzines spécialisés dans les littératures de l'imaginaire et les univers rôlistiques), j'ai contribué, depuis 2007, à des publications plus sérieuses. Notamment le regretté magazine Black Mamba. En 2009, mes textes commencent à apparaître au sommaire d'anthologies aux éditions Sombres Rets et la Porte Littéraire. J'ai écrit en outre une pièce de théâtre et quelques chansons. Voilà, en gros, mon parcours. Celui d'un autodidacte passionné d'imaginaire.


3 Peux tu nous parler de ton projet de cycle "Chroniques de l'Ouroboros" ?

"Le Cycle d'Ouroboros" plus exactement, est né il y a environ vingt ans, à la suite d'un rêve étrange dans lequel j'ai eu la vision de cinq géants gardant cinq portes... Obnubilé par ce songe j'ai commencé à travailler (à l'époque, sur papier puis sur machine à écrire) sur un cycle de romans. Peu à peu les ogres ont disparu, de même que les portes. Je n'ai finalement gardé que le chiffre 5, qui est une icône numérologique et mystique de mon univers.
Pendant environ dix ans j'ai effectué de très nombreuses recherches dans des domaines aussi disparates que la flore amazonienne, la mécanique céleste ou le panthéon de l'Egypte antique afin d'élaborer tout un univers digne de ce nom. Je me suis rendu compte, au fur et à mesure de mes travaux, de l'ampleur du chantier! Lorsqu'on veut donner corps et crédibilité à un univers imaginaire, il convient d'établir de solides fondations, ce qui signifie ne rien laisser au hasard. J'ai recommencé l'écriture du premier roman au moins huit fois, balançant à la poubelle (je le regrette aujourd'hui!) des centaines de pages à chaque fois... Le premier tome de ce projet mégalomaniaque (je crois vraiment qu'on peut le qualifier ainsi, et j'assume mes ambitions) est achevé, mais pas encore publié. J'attends de terminer le deuxième, en réalité, pour le corriger et "lier la sauce" avant de me mettre effectivement en chasse d'un éditeur, car ces deux premiers tomes sont inextricablement mélés. Sans rien dévoiler, je préciserais juste que j'ai fait quelques entorses aux standards des récits de fantasy. En d'autres termes, l'un des buts que je poursuis en écrivant ce cycle est de sortir des sentiers battus : en tant que lecteur, je me rends compte qu'on tombe souvent sur le même schéma en fantasy, et je souhaite m'en démarquer!
Il peut paraître insensé de se dire que j'ai passé 20 ans à travailler sur ce projet alors qu'aujourd'hui le deuxième tome n'est pas encore achevé... Le calcul serait simple pour dire qu'une vie ne suffirait pas à en achever l'oeuvre! D'autant plus que je prévois au moins cinq opus pour considérer cette oeuvre comme achevée... Mais je sais que lorsque j'aurai terminé l'écriture du deuxième tome de cette fresque, les trois autres suivront naturellement très vite. Lorsque les fondations d'une tour, aussi importante soit-elle, sont bien faites, la construction proprement dite se fait naturellement, en un temps restreint. L'univers du "Cycle d'Ouroboros" est vaste, et se décline, outre le cycle susnommé, sous forme de nouvelles, de poèmes, de chansons... Certains de ces textes sont d'ores et déjà publiés, ce qui me permet de faire découvrir l'univers que j'ai créé tout en mesurant la satisfaction et les attentes du lectorat.


4 Tu as collaboré au projet d'univers de fantasy partagé de Mathieu Guibé et Mestr Tom. Que t'as apporté cette expérience ?

A la suite de plusieurs publications de mes textes dans les anthologies de "la Porte Littéraire", Mestr Tom m'a contacté en 2009 pour me proposer d'écrire un roman à quatre mains. Séduit par l'idée, et anticipant les intérêts personnels que nous tirerions d'un tel partenariat, j'ai aussitôt relevé le défi. L'exercice s'est révélé à la fois ardu et enrichissant : écrire un roman à partir d'une histoire et d'un univers qui ne sont pas les miens n'est pas facile a priori. Il a fallu échanger énormément avec Mestr Tom pour rester fidèle à son univers et ses attentes pour, finalement, parvenir à écrire "Sourtha". Satisfait de mon travail, Mestr Tom m'a rapidement proposé d'écrire un autre opus. "Les Terres Promises" a ainsi été publié en 2011. Enfin, notre troisième collaboration sera publiée dans quelques semaines aux éditions Durand Peyrolle. Il s'agit d'un roman de fantasy humoristique, encore un exercice à la fois difficile et riche en apprentissage pour moi!


5 Tu as également en projet un cycle mêlant western et fantasy dont une nouvelle est parue dans le numéro 12 de Outremonde. Peux tu nous en parler plus en détail ?

Je suis passionné de western spaghettis. Les films de Sergio Leone me sont chers, et j'aime puiser mon inspiration en les visionnant ou en écoutant les musiques d'Ennio Morricone, lesquelles bercent mes doigts tandis qu'ils s'acharnent sur le clavier de mon ordinateur. Cela fait de nombreuses années que j'ai entrepris d'écrire une série de textes courts se déroulant pendant la Guerre de Sécession. Il s'agit de nouvelles uchroniques. A un moment donné de cet événement historique, quelque chose s'est produit qui a considérablement changé le monde. Dans mes écrits, cet important conflit ne s'est pas terminé en 1865. Des armées de morts-vivants, de créatures mutantes et d'autres abominations continuent de guerroyer dans un monde où la technologie et le steampunk font loi. J'avoue avoir puisé mon inspiration, outre dans les films de Leone, dans le jeu de rôle Deadlands et l'univers de la Tour Sombre de Stephen King. Au final, je me suis suffisamment écarté de ces sources d'inspiration pour créer un univers totalement nouveau et, il faut l'avouer, désespéré, dans lequel mes personnages n'ont guère plus de chance de survie (ou de conserver leur intégrité psychique) que dans les récits de Lovecraft.
Quelques-unes des nouvelles se déroulant dans cet univers ont d'ores et déjà été publiées. Horizona Dream est parue dans l'Outremonde n°12. Assassin, Pour une poignée de Gueulards, Pour quelques Gueulards de plus ont été publiées dans les anthologies de la Porte Litéraire. Quinte Flush a rejoint le sommaire de l'anthologie "Mystère et Mauvais Genre" chez Sombres Rets... Aujourd'hui, je poursuis l'élaboration d'un recueil compilant ces textes dans le but de le soumettre à un éditeur. Mais je ne m'estime pas encore prêt. Il me reste quelques nouvelles à écrire pour en venir à bout. 2015 est l'objectif que je me suis fixé pour trouver un éditeur à ce recueil.


6 Quels sont tes autres projets littéraires ?
J'en ai beaucoup. Outre le Cycle d'Ouroboros et le recueil de "fantasy-western-horreur-steampunk" dont nous avons déjà parlé, j'envisage d'écrire un polar de science-fiction se déroulant dans une maison de retraite, un survival-horror sans zombies, et au moins une cinquantaine d'autres futur best-sellers! Sans compter mon projet d'écriture d'histoires courtes à quatre mains en cadavrexquis, un recueil de nouvelles dans l'univers du Cycle d'Ouroboros, un autre orienté SF, et des poèmes, des chansons, etc.... La liste est longue, et la vie sera trop courte, j'en ai conscience, pour mener tous ces projets à terme. Mais je continue d'y croire!


vendredi 26 septembre 2014

Tuer le père

La fantasy change. Aujourd'hui le genre veut devenir adulte et pour cela les auteurs ont décidés de tuer le père. Comme dans une famille l'enfant doit s'émanciper par ses goûts de la personnalité de ses parents, il est temps pour le genre d'exister en dehors de ses pères fondateurs. Aujourd'hui les auteurs de fantasy ont décidé de rompre avec l'influence de Tolkien. Tolkien a apporté un décorum et un schéma. Et depuis 2008 le genre part dans d'autres directions : que ce soit le grimm and gritty, le choix de se baser sur des civilisations ou des époques différentes ou encore la création de mondes secondaires plus exotiques ou plus baroques. On se rend compte que la fantasy est à un tournant de son histoire. Cela implique certes d'aller de l'avant mais aussi paradoxalement de se tourner vers le passé. Certains ont décidé de reprendre l'évolution là où elle s'était arrêté lorsque le Seigneur des Anneaux est apparu. Et de fait la sword and sorcery, genre méprisé s'il en est il y a encore dix ans fait son retours.
Même dans la fantasy la plus old school il y a des traitements nouveaux. Et ce n'est pas uniquement la littérature qui est concerné. Il suffit d'aller sur les blogs de certains rôlistes américains et l'on se rend compte que leurs campagnes n'ont plus rien à voir avec le décorum traditionnel de D&D. Aujourd'hui , ce qui est important c'est d'avoir un imaginaire personnel. On joue avec ses influences, on essaie pas d'introduire des éléments Tolkien like juste parce que c'est dans les gènes du genre.
Le lectorat américain suit. Le lectorat français ne semble par contre par encore tout à fait prêt à cette évolution. C'est ce qui explique l'arrêt des séries dont les décorums sont les plus originaux chez Bragelonne ( comme le codex Alera par exemple). Le lecteur français est encore attaché à certains éléments de décorum. Peut être qu'il faut élargir le lectorat à des gens prêt à découvrir d'autres mondes.

mardi 23 septembre 2014

Trash littérature

La trash littérature c'est la forme qu'a prise une partie de la littérature populaire dans les années 60 aux USA et qui est arrivé en Europe du sud dans la décennie suivante et en particulier en France. Littérature appelée aussi, For men fiction, elle était centrée sur le sexe et la violence. Chez nous Gérard de Villiers et ses séides s'y sont particulièrement illustrée. Et à cette époque c'était une littérature pour hommes.
Le retour du pulp dans les années 90 aux USA qui s'est largement infusé dans le thriller (mais la tendance avait commencé dès la fin des 70's et le début des 80's) a permis l'émergence d'une littérature new pulp et l'éditeur traditionnel de la trash lit, Gold Eagle, a largement pulpisé sa production ( avec notamment une série sur une archéologue aventurière écrit sous le house name de Alex Archer). Qu'est devenu la trash lit aujourd'hui. Et bien elle s'est féminisé curieusement. En bit lit  on trouve un certain nombre d'ouvrages mêlant scène sexuellement explicite et violence. Bref ce qui était jusque là l'apanage de la trash lit.
On peut se demander le pourquoi de cette évolution ? Un recul de la condition féminine avec une augmentation des postes précaires pour les femmes ( la trash lit a toujours été une littérature prolétarienne) ? Ca n'explique peut être pas tout. Après tout une partie du public de Gérard de Villiers était un public de cadres. En parallèle de la culture du divertissement, il y a toujours eu des gens qui préférait l'abrutissement. Chez les hommes il s'agissait de mettre en avant la virilité et c'était pour ce type de macho, que la for men fiction a été créé loin de codes du pulp et ses héros idéalisés. Les femmes souhaitent aussi mettre en avant leur part d'ombre et le mauvais coté de leur personnalité. Le fait que la société valorise de manière excessive le sexe et la violence n'est sans doute pas étrangère à la vague du porno paranormal. Mais curieusement on assiste à un recul de l'affirmation des bas instincts dans la littérature masculine ou en tout cas la littérature masculine elle, est en train de disparaître. En tout cas en tant que telle. La subculture de la virilité se trouve surtout dans les milieux de la culture urbaine et celle ci n'a pas encore accouché d'un genre littéraire. Cela explique aussi cela.

lundi 8 septembre 2014

Les littératures de l'imaginaire face à la culture populaire

Il y a quelques mois Stephen Davidson, rédacteur en chef de Amazing Stories, présentait les littératures de l'imaginaire comme le centre de gravité de la culture populaire. On peut considérer que cela est vrai dans une grande majorité des pays développés mais ce n'est pas le cas de la France. En France c'est encore le polar qui occupe cette place comme dans la majorité des pays occidentaux avant les années 70.
La France a connu un phénomène étrange dans les années 80. Le centre de gravité de cette culture populaire s'est déplacé du polar vers le roman de terroir. Curieusement si Denis Tillinac a à l'époque créé l'école de Brive, c'était pour contrer le roman noir et la SF jugés trop à gauche. Il fallait créer une littérature populaire pouvant défendre les idées conservatrices. Il faut dire aussi qu'une partie de la SF et du roman noir avait été instrumentalisé par l'extrême gauche. Mais ça ne représentait pas grand chose commercialement. Donc les années 80 ont vu ce même roman de terroir occuper un espace important de la littérature populaire alors que la SF tout comme le polar entrait en crise. Il a fallu attendre la deuxième moitié des années 90 pour que ces deux littératures reviennent sur le devant de la scène. Et c'est finalement le polar qui l'emportera.
En effet la littérature noire, possédant un fandom peu organisé et peu centralisé, grâce à un travail de conviction dans les manifestations culturelles les plus diverses a fini par l'emporter. La SF se reposant trop sur le travail du fandom qui fait le maximum qu'il peut faire mais ça ne suffit pas. Les fans devraient être un peu plus actif et essayer d'utiliser les manifestations culturelles locales comme tribune.

samedi 16 août 2014

Parcours de lecteurs, parcours de héros

Je me suis fais une réflexion.
Dans la plupart des librairies les littératures de genre dont les littératures de l'imaginaire sont situées au fond du magasin. Leur lecteur sont obligés de traverser l'espace destinée à la littérature blanche, de dépasser le couloir ou l'escalier menant aux livres pratiques, de traverser également l'espace consacré au régionalisme. Tout est fait pour détourner le lecteur de genre de ses genres favoris justement. C'est un peu comme si le libraire avait honte des littératures de genre (mais aussi de la BD ou de la littérature jeunesse).

Par contre imaginons que ces mêmes littératures de genre soient situées à l'entrée du magasin. Dans ce cas on pourrait imaginer un autre parcourt menant des littératures populaires aux littératures ambitieuses. Certains lecteurs de littératures ambitieuse pourraient se procurer des ouvrages populaires en vertus de l'adage qui veut que qui peut le plus puisse aussi le moins. Cette disposition finalement fait penser au parcourt du héros. Le héros en avançant dans son voyage est confronté à des épreuves de plus en plus complexes. Et ici il s'agit d'aller des littératures populaires vers de littératures plus complexes. Mais en même temps on constitue des tentations pour des lecteurs moins acquis à leur cause qui peuvent s'y mettre parce qu'ils vont les trouver sur leur chemins.

mercredi 30 juillet 2014

Le old school revient

C'est la constatation que l'on peut faire si l'on se penche sur ce que va produire le cinéma de SF dans les mois qui viennent. La franchise Star Wars est relancée et un nouveau Mad Max va sortir au cinéma dans les mois qui viennent. Le old school n'épargne pas le milieu des jeux vidéo puisqu'une franchise légendaire des années 80, Elite voit la sortie d'un nouvel opus alors que rien n'était sorti depuis bien longtemps. Sans oublier Metal Hurlant qui se paye une adaptation à la télé.
Ce goût pour le old school est bien connu du milieu des rôlistes qui semblent avoir une fascination pour le pulp et la SF populaire des années 70 / 80. Dans la blogosphère anglophone on ne compte plus les MJ qui parlent des campagnes sword and sorcery ou de science fantasy à l'ancienne. Est ce un régression ? Peut être pas. Après le développement du grim and gritty des années 2000, une partie du public cherche une ambiance plus légère et des auteurs plus décomplexés qui développent un imaginaire à la fois personnel et ultra-populaire. Des auteurs qui ne limitent pas leur imaginaire. Qui se foutent d'écrire de la vraie SF ou de la science fantasy pour peu que ce soit fun. Un imaginaire sans doute plus rock'n roll que celui nous avons aujourd'hui.
Bref ils ont trouvé dans les vieux textes, ce qu'ils ne trouvent plus dans l'imaginaire d'aujourd'hui. Ils appellent de leurs voeux une synthèse entre le coté décomplexé de la SF et la fantasy de la fin des 70 et du début des 80 et la manière d'écrire et les thématiques d'aujourd'hui. Je pense que le mélange est possible et peut prendre.

mardi 29 juillet 2014

Choc esthétique

La SF a subi au cours de son histoire plusieurs chocs esthétiques. Les univers d'hier ne sont plus ceux d'aujourd'hui. Par exemple les années 70 ont amené l'esthétique du rock'n roll dans la littérature de SF.  Et aujourd'hui je crains que la SF n'ai en partie oublié l'importance de cette dimension esthétique.  La SF c'est un peu comme les ordinateurs. Pendant longtemps on ne s'est pas préoccupé du design et Apple est arrivé dans les années 90 et l'on s'est rendu compte que le design était important dans la vente d'un ordinateur.
Il existe donc une dimension esthétique, un véritable design littéraire : l'univers, son ambiance ainsi que les images fortes que l'auteur va installer dans son récit. Les vers des sables de Dune sont inoubliables et totalement indissociables du roman, c'est un élément fort qui appartient au design littéraire de l'oeuvre. Ce qui est rassurant c'est que l'on assiste à un retour de ces éléments chez les jeunes nouvellistes anglo-saxons. Des auteurs comme Yoon Ha Lee, Aliette de Bodard ou Cat Rambo soignent ainsi énormément leur worldbuilding. D'ailleurs cette notion de worldbuilding a resurgi il y a quelques années, disons à la fin des 2000, alors qu'auparavant on en parlait très peu. Le jeune génération est très intéressée par ces processus de création d'univers. Je ne sais pas ce que cela va donner dans l'avenir mais ça laisse présager de bonnes choses, notamment quand certains de ces auteurs passeront au roman (puisqu'ils en ont en chantier).
Certains nouvellistes francophones semblent avoir les même préoccupations : je pense notamment à Sébastien Ruche, Philippe Deniel ou Aurélie Wellenstein mais il y en d'autres également.
Cette dimension esthétique pousse les auteurs à explorer plus avant leur espace mental et à livrer des univers plus personnels. Certes ils ne travaillent pas à partir de rien et puisent largement au pot commun. Mais la manière dont ils agencent les jouets et même les jouets qu'ils sélectionnent font de leur oeuvres quelques choses de personnel, loin des univers interchangeables. En fantasy le processus est largement avancé. Nul doute qu'en science fiction il suivra largement.