dimanche 25 août 2019

SF et diversité

Il y a quelques années je faisais remarquer que le milieu SFFF français était plutôt blanc et je m'interrogeais sur la question du racisme. Un célèbre auteur m'avait renvoyé dans les cordes en me disant qu'il n'y avait pas de racisme dans le milieu. Le même auteur reconnaissait pourtant qu'une partie du milieu était sexiste.
On sait que Fleuve Noir refusait de publier des femmes dans la collection Anticipation et ce jusqu'à l'arrivée de Nicole Hibert. Julia Verlanger a dû user d'un pseudonyme masculin pour contourner cet obstacle. Je ne serais pas surpris si la même mesure d'exclusion s'appliquait aux auteurs de couleurs à l'époque. Mais je n'ai pas d'information là dessus.
Mais j'ai du mal à comprendre que la revue Fiction n'ai dans les années 70 et 80 jamais publié d'auteurs francophones de couleur. Ne serait ce que des francophones issus de pays africains ( j'ai lu il  y a quelques temps un article qui tant à prouver que la revue était lu en Afrique du Nord).
Quand on regarde à l'étranger la SF britannique a accueilli ses premiers auteurs de couleur dans les années 2000 alors qu'elle est réputé progressiste. La SF américaine elle, a publié Samuel Delany et Octavia Butler dès les années 60, en dépit de l'influence campbellienne.
Donc on peut se demander s'il n'y a pas une part de frilosité de la part des éditeurs français et Européens.

mardi 6 août 2019

Livres de voyage

Aujourd'hui l'on voit de plus en plus de gens occupé dans les transports avec leurs smartphones à regarder des vidéos de chat en HD ou à envoyer des textos aux collègues qu'ils viennent de quitter et qu'ils retrouveront le lendemain. Bref c'est déprimant.
Mais pourquoi ne lit-on plus ? Et bien parce que les gros pavés de 800 pages ce n'est pas pratique en emporter. Ce que l'on veut lire quand on part en voyage, quand on est dans le train, dans le tram ou dans le bus ce sont des romans courts. Et bien on commence à le comprendre.
Aux USA Tor a lancé le label Tor.com qui publie des novella et des romans courts. Dans le domaine du thriller, James Patterson a lancé son label pour publier des romans courts.
Chez nous le Bélial a la collection Une Heure Lumière et la collection Pulp. Les Saisons de l'Etrange publient des romans courts d'aventure pas prise de tête. Et il y aussi Rivière Blanche, le Carnoplaste ou Pulp Factory. Les gens qui veulent voyager ont de quoi faire et peuvent commencer à acheter des romans à lire dans les transports en commun dans leur P.A.L.
Mais chez nous les gros éditeurs n'ont pas encore créé de collection de novella ou de romans courts. Je sais de source sûre que ce n'est pas encore d'actualité chez Bragelonne par exemple. Dommage. Parce qu'entre commander des livres en prévision de ses voyages où les acheter en maison de la presse ou en Relay, c'est différent. La collection de James Patterson est vendu en drugstore aussi bien qu'en librairie. J'ignore ce qu'il en est de Tor.com. Mais c'est bien par le roman court que l'on va permettre de remettre la lecture dans le temps du voyage. Et permettre ainsi aux gens de déconnecter un peu.

samedi 27 juillet 2019

Qu'est ce que le francofuturisme ?

Liberté, égalité, fraternité sont les trois valeurs mise en exergue par notre république. Trois valeurs qui incitent au vivre ensemble et à la solidarité. Trois valeurs qui sont au cœur du francofuturisme, le courant de science fiction construit autour de ces valeurs positives.
Je crois que le plus ancien exemple que l'on peut trouver c'est Les futurs mystères de Paris de Roland C Wagner avec cette France où cohabitent des tribus construites autour de leurs affinités socio-culturelles. Société pacifiée où le vivre ensemble est une réalité et non une utopie.
Mais je voudrais parler de deux auteurs qui actuellement sont en train de construire ce francofuturisme.
Tout d'abord Jean Bury qui avec son roman les Chasseurs Noirs présente un humanisme fort au cœur de l'effondrement. La ville de Toulon refait naître la République en mettant en avant les trois valeurs citées au tout début. Et c'est cet attachement à ces valeurs qui leur permet de mettre en place le programme de démobilisation des enfants soldats. Ces enfants qui fraternisent alors que quelques semaines auparavant ils étaient encore ennemi. Je crois que Jean Bury n'a pas encore tout dit sur ce thème du vivre ensemble et qu'il y reviendra dans ses prochains textes.
Autre auteur qui me semble aussi relever du francofuturisme, Jean Christophe Gapdy. Lui nous propose une vision positive du multiculturalisme. Et développe en filigrane des thèmes autour de la liberté, celle des androïdes qui veulent être reconnu comme des citoyens comme les autres par exemple.
Le francofuturisme n'a pas fini à mon avis de donner des œuvres intéressantes. Ce courant n'en est qu'à ses balbutiements.

Effets collatéraux

C'est fous comme la crise des Puppies a fait bouger les éditeurs anglo-saxons SFFF. Ils se sont rendus soudain compte qu'il ne tendaient plus la main aux rôlistes, qu'ils ne l'avaient sans doute jamais tendu aux gamers. Et ces derniers se sont tournés vers des auteurs conservateurs voir parfois pire. Seul Baen avait une réelle offre gamer friendly. En tout cas aux USA.
Car l'éditeur britannique Angry Robot, lui a publié depuis ses débuts des auteurs issus des milieux rôlistes. Il ne faut pas oublier qu'à l'origine de cet éditeur l'on trouve Mark Gacoigne, l'un des fondateurs de Games Workshop. Et il est assez naturel de trouver dans les commencement de l'éditeur des transfuges de Black Libray venus montrer qu'ils savaient aussi écrire des romans originaux et le faire bien.
Mais depuis 2015 l'offre gamer friendly on la trouve chez Orbit ou chez Tor. D'ailleurs les sorties récentes ou à venir du label Tor.com montre bien cette préoccupation. Border Keeper de Kerstin Hall avec son univers weird qui fait écho à certains univers développés par l'aile progressiste de l'OSR, Gideon the Ninth, roman de space opera gothique essaie de séduire les amateurs de la franchise 40K pour leur faire découvrir autre chose. Et je pense que ce n'est pas fini.
Montrer que des auteurs progressistes pouvaient aussi construire des univers populaire pour un public cherchant des littératures proches des autres média était la réponse appropriée. Je suis content de voir qu'elle a été appliquée.

mardi 16 juillet 2019

Relais H

Je me souviens du milieu des années 90. À cette époque il était courant de trouver dans les relais H des romans de SF ou de fantasy. Fleuve Noir Anticipation puis Fleuve Noir SF, J'ai Lu SF et Pocket SF. En fait depuis les années 80 l'imaginaire était présent en Relais H.
Depuis le début des années 2000 curieusement la présence de l'imaginaire dans les Relais H s'est réduite comme peau de chagrin jusqu'à n'être qu'exceptionnelle. On trouvait encore il y a quelques années un Milady ou un J'ai Lu SF mais vraiment à de rares occasions. Maintenant il semble que les collections SF poche aient totalement disparu des Relay comme ils se font appeler maintenant. Comme si les voyageurs rejetaient la SF et la fantasy comme littérature de voyage. Mais je sais qu'il n'en ait rien.
Le rayon polar lui, dans le Relay que je connais le mieux, celui de Limoges a légèrement augmenté. On se demande bien pourquoi un mauvais genre a renforcé sa présence et qu'un autre par contre finit par y disparaître. Est dû au changement d'actionnaires dirigeants chez Hachette, entre la famille Lagardère et Bernard Arnault ? Ou l'explication est à chercher autre part ?

vendredi 21 juin 2019

Visibilité

Ils s'appellent Jean Bury, Phil Becker, Kevin Kiffer, Jean Christophe Gapdy, Bruno Pochesci, Elie Darco, Emilie Querbalec ou Catherine Loiseau et beaucoup d'autres . Ils sont la relève, l'imaginaire d'aujourd'hui mais encore plus celui de demain. Mais vous avez choisi de les ignorer. Leur crime : publier chez de petits éditeurs. Mais être capable d'œuvres remarquables.
Ils n'ont jamais publié dans Bifrost. Donc pour vous ils n'existent pas. Dommage vous ne savez pas ce que vous ratez.

J'aurais pu en citer beaucoup d'autres : Arnauld Pontier, Yael-July Nahon, Gregory Covin, David Chauvin, Sylvain Lamur, Nicolas Pagès, Siana, Luce Basseterre et encore bien d'autres. L'imaginaire français est multiple et ne se limite pas à quelques têtes d'affiches.

dimanche 2 juin 2019

La fantasy se vend mal

Ainsi la fantasy se vend mal selon un article du Point Pop.

Dans un pays où le genre n'est présent que dans les grandes villes et certaines villes moyennes ce n'est pas étonnant.
Mais si l'on veut comprendre pourquoi les littératures de l'imaginaire ne sont pas le centre de gravité des littératures populaire comme dans de nombreux autres pays il faut revenir en arrière. En 1979. La cause en est politique et de la politique plutôt nauséabonde.

C'est donc vers 1978 que Denis Tillinac se rend compte que la science fiction et le roman noir sont en plein essort. Or la majorité des auteurs qui œuvrent dans ces genres sont plutôt à gauche. Et l'éditeur voit déjà les chars de l'armée rouge sur les Champs Elysée. Et pour sauver une vision conservatrice voire réactionnaire de la littérature populaire, il lance l'Ecole de Brive. Je n'exagère pas. Il relatait les faits dans interview à la Montagne il y a quelques années.

Ça aurait pu être anecdotique. Mais la littérature de terroir va connaître un développement inattendu. Et va s'imposer comme le centre de gravité des littératures populaires pendant au moins 15 ans. Le polar reprendra la place qui était la sienne au milieu des années 90.
Et pendant ce temps la SF a réduit son audience. Il faut attendre 1996 pour qu'on la voit réemerger. La fantasy française va s'organiser à partir à peu près de la même date. Quinze années perdues durant lesquelles les auteurs finissent par disparaître après quelques nouvelles. On finit par se rendre compte de ce que l'on a perdu quand les romans finissent par paraître comme les romans de Jacques Boireau parus à titre posthume.
Les choses sont reparties au milieu des années 90 mais quelque part le mal était fait. La SF française redémarre et la fantasy française rentre dans l'âge adulte. Mais si au début les choses marche bien, ça retombe au début des années 2000 sans que l'on sache bien pourquoi. Un phénomène nommé déperdition des 25 ans ( en gros des lecteurs à partir de l'âge de 25 ans finissent par décrocher des genres de l'imaginaire pour mettre au polar ou à la blanche parce que ça fait plus sérieux dans le monde du travail).

Le mal a bien été fait. Le développement de la littérature de terroir a conduit dans certains territoires à une démographie de la lecture aberrante. Au lieu d'encourager les jeunes adultes à lire l'on a plutôt encouragé les personnes les plus âgées. Les maisons de la presse de province ont mis la littérature de terroir en avant et le monde du livre n'était plus trop attractif pour les jeunes générations qui ne voyaient pas vers quoi se tourner après la littérature ado. Et bien souvent les adolescents des zones rurales n'ont aucune idée que la fantasy est aussi de la littérature.

Le péché original

Comme il paraît que la fantasy se vend mal en France, il est peut être temps d'évoquer le péché originel du milieu de l'imaginaire : la soif de reconnaissance. Etre reconnu c'est faire parler dans les média. Etre reconnu c'est donc draguer le public lettré, celui qui lit la presse nationale.
En 2000 j'avais rétorqué à des gens qui évoquaient des plans pour faire lire la SF au public de la blanche qu'il fallait mieux se tourner vers le jeunes de banlieue. Et je me suis fait traiter de démago. Si j'ai évolué sur pas mal de points, sur celui ci je n'ai pas changé. Il faut reconquérir un public "prolétarien" au lieu de se tourner vers celui de la blanche qui de toute façon ne s'intéressera à nous que ponctuellement.

jeudi 14 mars 2019

La fantasy en France, un rendez vous manqué

La France n'est pas le pays de la fantasy. Il faudra attendre les années 70 pour qu'elle se développe.

Et pourtant tout avait bien commencé.  Les terreaux légendaires sont les mêmes que chez nos voisins britanniques. On ne remontera pas à Rabelais. Mais les romans de chevalerie du 16éme siècle puis les romans de merveilleux épique du 17 éme laissait augurer d'une apparition précoce du genre dès que ces influences rencontreraient l'écriture moderne. Plus tard au 18éme siècle les contes de fée ont formé un riche corpus duquel les milieux autorisés n'ont retenu que Perrault, le plus édifiant. On s'émerveille à l'époque de la traduction des Mille et Une Nuit de Gallant. Au 19 éme siècle viendra le romantisme.
Mais à la fin du 19éme et début du 20éme alors que la fantasy moderne commence à apparaître en Angleterre, aux USA et même en Allemagne, il n'en est rien chez nous. Alors que la proto -SF donne des œuvres par centaine, la proto-fantasy se fait plus que rare.

Il est difficile d'en voir les raisons. Si ce sont les auteurs qui ont manqué, ou les éditeurs qui ne s'y sont pas mis. Mais toujours est-il que ce manque est assez difficile à expliquer.

vendredi 8 février 2019

Les espoirs de l'imaginaire : Xavier Portebois

1 - Peux tu te présenter en quelques mots ?
Lillois, trentenaire, développeur, amateur de bières et de pandas roux. Je ne vois franchement pas ce qu'on pourrait vouloir savoir de plus sur moi.

2- Comment es-tu venu à l’écriture ?
Rien d'original de ce côté, je crains ne pas pouvoir éviter le poncif "j'écris depuis tout petit", parce que c'est globalement vrai. J'ai toujours aimer raconter des histoires, surtout celles que je ne pouvais pas trouver dans les livres déjà imprimés. Je ne sais pas où sont aujourd'hui les carnets de la honte où je m'imaginais humblement entre Lovecraft et Tolkien, mais ils existent, enfouis quelque part, remplis d'histoires ras les marges de clichés et d'adjectifs surnuméraires.
Toutefois, ce n'est qu'assez récemment que j'ai commencé à m'intéresser à l'écriture de manière plus méthodique, et à découvrir avec plaisir l'enchevêtrement de règles qui modulent le déroulement d'une intrigue, le rythme d'une scène, la caractérisation d'un personnage ou l'impact d'une description. Là, l'écriture est devenue encore plus intéressante : j'ai enfin pu comprendre mes erreurs, tenter de nouvelles choses, et m'améliorer. C'est bien plus facile de se motiver à écrire un nouveau texte quand on peut l'espérer meilleur que le précédent.

3- Dans deux de tes nouvelles « Eko » et «  Sous l'éternel ciel bleu » tu traites du chamanisme. Qu’est ce qui t’intéresse dans cette thématique ? Comptes tu l’explorer plus avant ?
Le chamanisme, ou plutôt les chamanismes (on en trouve tellement de variantes sur tous les continents), manipulent des concepts comme les états seconds, la communication avec les esprits, ou encore le voyage astral, qui me servent surtout à aborder une seule et unique question qui m'est très chère : qu'est-ce que la conscience ? Pourquoi avons-nous ce petit film à l'intérieur de notre tête et ce monologue personnel, comment la conscience peut-elle émerger d'un assemblage de molécules, quelles en sont les limites, peut-il y avoir des consciences de nature radicalement différentes... Autant de questions auxquelles la science a encore beaucoup de mal à répondre, et où l'imaginaire peut donc se fendre d'un rôle un minimum spéculatif.
D'une manière générale, ce thème revient déjà très souvent dans mes textes, même si je n'y mets pas forcément un chamane pour l'illustrer. Dans Caver Den et Le sang et l'acier, le personnage principal peut étirer sa conscience vers d'autres entités, animales, humaines ou artificielles. Dans Monologue et Mémoires mortes, on croise des consciences virtualisées. Dans Le silence de Shiva, je déplace une conscience humaine de son corps d'origine vers un corps robotique. Et dans Eko et Sous l'éternel ciel bleu, on assiste à une expérience extra-corporelle. Autant de manières d'explorer des cas aux frontières hypothétiques de la conscience.

4- Tu vas publier une série issue de ta novella Caver Den chez Realities INC. peux tu nous en parler ?
Elle devrait arriver sur les étals en 2019. Caver Den avait bien plu à ses lecteurs, plusieurs réclamaient une suite, et je n'avais pas exploré toutes les possibilités que m'offrait Linh, le personnage principal, un animalier capable de communier par télépathie avec certains animaux.
La saison est courte, trois épisodes relativement indépendants entre eux. Il y a de quoi voir du pays, puisqu'on y passe des déserts de Caver Den à une station spatiale en orbite d'une géante gazeuse, pour finalement redescendre sur la planète natale de Linh, dans un village de pêcheurs, flottant en bord de mangrove. Avec, cela va sans dire, tout un nouveau bestiaire à rencontrer, pour mettre les facultés télépathiques de Linh à rude épreuve.
Comme la novella originale, le ton y reste surtout divertissant. De la SF enrobée d'aventures et d'actions.

5- Quels sont tes autres projets littéraires ?
J'ai dans mes tiroirs un petit roman de space opera, Goto Mojo, que j'aimerais toujours placer chez un éditeur. Une histoire de pirates de l'espace, une chasse au trésor avec flibustiers et coloniaux, dans un univers où ce sont les robots qui pratiquent le vaudou.
Sinon, je travaille actuellement sur un autre roman, très vaguement inspiré de l'univers évoqué dans Eko. Le défi est complexe, j'aimerais éviter de faire un texte cyberpunk trop conventionnel ou un sous-Shadowrun, mais plutôt quelque chose qui apporte un minimum d'originalité à un genre déjà bien exploité. L'intrigue se déroule dans un monde futur où des mages parviennent à animer des "serviteurs" en se plongeant en transe, et où certains personnages explorent la piste d'IA pouvant simuler la transe à leur place. Évidemment, cela parlera donc en large, en long et en travers de ce qu'est la conscience !

samedi 26 janvier 2019

Géante Rouge HS Prix Alain Le Bussy 2018

Géante Rouge vient de mettre en libre téléchargement un numéro spécial composée des textes demi finalistes du prix Alain Le Bussy.
La dystopie s'y taille la part du lion mais l'on trouve quelques autre thèmatiques dans certaines nouvelles.

"le dilemme du faux semblant " de Jean Jacques Jouannet est une nouvelle à la fois asimovienne et dickienne dont je ne parlerais pas plus avant. Classique mais solide.

"Une épine parmi les étoiles" de Franck Petruzelli nous présente le blues du pilote d'un vaisseau à génération. Une texte extrêmement ennuyeux. Peut être normal pour un texte sur l'ennui. Mais très dispensable. Un exercice de style.

"Melusin€" de Jean Marc Levadoux est un autre texte assez dispensable. Une reconstruction du mythe de Mélusine sur fond de réalité virtuelle et de capitalisme. Un peu facile.

"Le signal" de Simon Boutreux est une nouvelle qui pêche par sa longueur. Le comble pour une nouvelle. Avec 2000 ou 3000 signes de moins la nouvelle aurait sans doute été bien plus percutante.

"Plan Q.s" d'Edwyge. Un texte amusant sur la séduction dans un monde dystopique. Qui se paye le luxe d'avoir une fin optimiste.

"Jeux de dame" de Philippe Pinel. Autre dystopie, un peu facile celle là. Très proche de notre monde. Où il est question de standardisation des individus. Là aussi un peu facile. Et dispensable.

"Un monstre peut en cacher un autre" est une dénonciation du complexe militaro-industrielle sur fond de politique galactique. assez solide.

"Atropos" de Vincent Ferrique est un texte cyberpunk post apocalyptique avec ses faux semblants et sa surprise finale. Là aussi le complexe militaro-industriel est évoqué. Et nous avons un worldbuilding qui nous donne envie d'en savoir plus sur cet univers dominé par les USA devenu un empire dystopique.

"Manta" de Claude Caré est une autre intrusion dans le domaine du space opera ( le parent parent pauvre de ce recueil). On y aborde le thème très moderne des réfugiés. Que trouveront - ils au bout de l'exil ? Echapperont-ils à leur destin ?

Je confesse ne pas avoir été capable de terminer "le centre et la périphérie" d'Edouard Sueur, texte avec lequel on se croirait revenu aux pires moments du groupe Limites.

Avec "la cité flottante", Françoise Grenier Droesch nous propose un texte poétique avec un univers très travaillé. Encore une dystopie où un jeune homme, clandestin essaie de s'échapper. Mais la fuite est elle possible ? Une des bonnes surprises du recueil.

Dans "Illusions", Marie Latour s'attaque au thème de la réalité truquée dans un texte que n'aurait pas renié Philippe K Dick.

Dans "Dolorés", Audrey Pleynet évoque la marchandisation de la douleur. Un récit qui fait froid dans le dos qui dénonce les excès du capitalisme et qui évoque le conflit entre économie et éthique.

Avec un titre très Houellebecquien, Olivier Cébazat dans "extension du domaine du cerveau" renvoie dos à dos abrutissement médiatique et mieux disant culturel, et qui nous montre que la démocratie n'a rien à gagner d'une politique qui obligerait les citoyens à se cultiver.

"Survive on earth" de Samuel Dutacq est un bon texte sur l'évolution au contact de l'autre.

"D'Alpha à Omega" d'Odile Thibaud est un classique récit post apo d'une solide facture. Mais aussi un voyage initiatique où les deux héros vont apprendre à mieux se connaître eux même en surmontant les épreuves. Et ils découvriront que peut être le voyage n'apporte pas forcément le changement espéré.

lundi 14 janvier 2019

Les espoirs de l'imaginaire : Weggen

Weggen est un auteur qui m'a impressionné avec ces textes dans le webzine Fantasy Art And Studies. Nous tenons là un sérieux client. Un auteur qui devrait faire parler de lui prochainement.

1- Peux-tu te présenter en quelques mots ? 
Je suis d'origine marocaine, né en 1992. J'habite en France depuis 2010 où j'ai effectué des études en Pharmacie. Je travaille actuellement comme chercheur-doctorant dans un laboratoire spécialisé en controlled drug delivery.

 2- Comment es tu arrivé à l’écriture ?
Il y a de très nombreuses œuvres qui m'ont marqué tout au long de ma vie, et qui ont participé à façonner ma sensibilité. Que ce soit au cinéma, en musique, dans les jeux vidéos, les animes, la peinture, la littérature. Au bout d'un certain temps, vers la fin de mon adolescence, je ressentais simplement le besoin de m'exprimer à mon tour, de créer quelque chose qui puisse toucher profondément les gens et les émerveiller. Je me suis tourné assez naturellement vers l'écriture, car c'est le format qui me permettait de traduire ma pensée de la manière la plus instinctive ; je m'y sentais à l'aise tant pour décrire des environnements que pour sonder des personnages. Au départ je travaillais mes nouvelles dans mon coin, et puis je me suis inscrit sur un forum d'écriture aux alentours de l'été 2012. Être au sein d'une communauté d'écrivains m'a énormément aidé à progresser, recevoir des retours et pouvoir échanger avec différents auteurs est quelque chose d'inestimable à mon avis.

3 - Ton univers cosmopolite et un peu fou est très proche de la New Weird anglaise et notamment de China Miéville. Est ce une influence que tu revendiques ? 
Je n'écris pas avec en tête d'appartenir à un mouvement en particulier, mais il est vrai que certains de mes textes (ceux publiés chez Fantasy Art and Studies notamment) mêlent intentionnellement les genres de l'imaginaire, ce qui les rapproche beaucoup de la New Weird. Personnellement, je pense que c'est surtout le fait d'avoir été confronté très jeune à des univers hétérogènes (les Final Fantasy de la période Playstation ou les films de Miyazaki par exemple) qui a développé mon attrait pour des mondes hybrides. Les frontières entre SF, fantasy et fantastique ont rapidement été brouillé pour moi, donc je me pose rarement la question de savoir à quel genre je me rattache. Je sais que j'aime l'imaginaire dans son ensemble pour la liberté qu'il offre, et que chaque genre apporte une esthétique et des thématiques qui sont susceptibles de me plaire, alors pourquoi ne pas les combiner ? Au final j'essaie simplement de construire un univers qui m'enthousiasme et me ressemble, en puisant dans ce qui m'a marqué avec un minimum de cohérence.

4 - Tes univers présentent des individus d’espèces diverses qui tentent de coexister tant bien que mal. Le vivre ensemble, paraît un thème dominant dans tes textes. Pourquoi ce choix ? 
Cela ne répond pas directement à la question, mais je dirais que c'est dû au fait que je ne me retrouve pas dans les dystopies. Je préfère que mes personnages soient confrontés à des problématiques internes plutôt qu'externes, donc souvent ce n'est pas la société qui les tourmente mais leurs petits soucis personnels. Alors, comme dans la vraie vie, je pense que c'est en rencontrant des gens différents et en interagissant avec eux dans la bienveillance qu'il est possible de trouver un semblant de paix avec ses névroses. Que ces individus soient d'espèces diverses n'a pas trop d'importance pour moi, et pour eux non plus j'imagine. Je trouve que le meilleur moyen de rendre hommage à la diversité est de ne pas la relever, comme un accord tacite entre eux que oui leurs apparences sont très différentes, mais qu'au final chacun essaie simplement de trouver sa place dans la société. Vivre ensemble pour un lendemain plus supportable.  

5 - Quels sont tes principaux projets littéraires ? 
J'ai participé au NaNoWriMo 2018, qui consiste à écrire un roman de 50000 mots en un mois. Le premier jet est bouclé, il s'agit du roadtrip d'une vagabonde, d'une prêtresse et d'un spectre hantant une guitare électrique dans un univers encore une fois très hybride. Je suis en train de corriger le manuscrit pour faire en sorte qu'il soit prêt d'ici septembre 2019. Entre temps, je pense consacrer quelques semaines à la préparation d'un recueil un peu spécial, avec une sorte de mise en abîme sur mes propres nouvelles. Sur le plus long terme, j'ai un texte très conséquent que je compte reprendre d'ici la fin de l'année, ça parle de foot féminin lycéen dans un monde mâtiné d'un peu de magie, qui empruntera beaucoup aux light novels