lundi 18 juin 2018

Vu à la TV

Dans les années 80 la télévision a diffusé de nombreux dessins animés de SF et l'on a vu une nouvelles génération de lecteurs adolescents arriver.
De 1996 à 2003 la SF a connu un frémissement. C'était l'époque où la télévision française et notamment M6 osait diffuser des séries SF et fantastique aux heures de grandes écoutes.

Bref quand on voit le succès du polar, littérature plébiscitée par le grand public, on ne peut pas ne pas le rapprocher de la domination des séries policière à la TV. Le deuxième genre le plus représentée dans la fiction TV est la comédie romantique. Est ce que cela n'a pas une influence sur le succès de la romance aujourd'hui.

Bref et si demain la SF et la fantasy revenaient massivement en prime time à la télé est ce que ça n'aurait pas une influence positive sur nos ventes ?

lundi 28 mai 2018

Imaginaire et polar

La grande différence entre l'imaginaire et le polar. C'est que le polar intéresse le grand public et pas l'imaginaire.
Pour quelles raisons ? Pourtant dans nos littératures nous avons aussi des œuvres allant du populaire au très littéraire comme le polar. Un conjonction de facteur explique cela.

- Le polar est le genre qui passe à la télé. La majorité des fictions françaises sont des polars. Une bonne partie des fictions sociales, elles pourraient faire parti du genre noire si elles étaient en littérature. Bref le polar et le noir représentant la majorité du contenu fiction, il y a une appropriation des codes du genres de la part du public.
- À partir de la sortie de la série Le Poulpe, les journalistes se sont beaucoup plus intéressé au polar à cause de l'engagement politique dont faisait preuve les auteurs. On pouvait écrire une littérature de divertissement politiquement engagée. Donc le polar malgré son statut de littérature populaire devenait intéressant à traiter pour eux. Ça a été le début de la progression du genre noir dans la presse.
- Le thriller est le langage hollywoodien dominant.
- Les auteurs de polar mené par Michel Lebrun n'ont pas hésité à partir en guerre contre la blanche à la fin des années 80, à dénoncer la vacuité de bon nombre de textes d'une littérature devenue incapable de parler du social.
- La Série Noire et Rivages Noir ont au début des années 90 augmenté le nombre d'auteurs français publiés et se sont mis à traduire des auteurs autre qu'anglo-saxon.

Je pense que le dernier point cité serait un bon début pour progresser. Arriver à avoir plus d'auteurs français déconstruira une certaine idée qui veut que ce soit des littératures anglosaxonnes, cheval de Troie de l'invasion américaine. De même traduire d'autres domaines linguistiques permettra de montrer des genres qui ont une existence internationale. Même si l'on traduit déjà quelques auteurs allemands, espagnols ou italiens. L'on doit pouvoir aller plus loin.
Après il faut voir sur quels vecteurs de communication l'on peut travailler pour faire le lobbying de nos genres.

Après il existe des problèmatiques qui nous sont propres, notamment les zones blanches dont j'ai déjà moult fois parlés. Et qui vont être assez difficile à résoudre. D'autant qu'en région le polar régional a bien souvent amené un nouveau lectorat au polar. À par sur certaines niches comme la fantasy urbaine ou la fantasy historique c'est une démarche assez difficile à reproduire.

dimanche 4 mars 2018

Clivage

Il existe un clivage dans le fandom. Un clivage social. Je sais que ce n'est pas bien de le dire. Mais quand un problème existe le mieux c'est d'en parler.
Aujourd'hui le noyau dur du fandom est principalement représenté par des gens appartenant à des CSP+ qui recherchent un certain type de lecture. Mais ils sont complètement coupés du lectorat populaire. Et ça peut avoir des conséquences fâcheuses.
Ce clivage a conduit aux USA à l'apparition des Puppies. Les progressistes ne s'étant pas intéressés au lectorat populaire. En tout cas au niveau éditorial parce que des auteurs populaires progressistes il y en a au niveau de la nouvelle.
Chez nous aussi il y a eu des conséquences. Le fandom n'est pas allé tendre la main aux gamers. Non,  il n'avait que condescendance pour eux. Auparavant l'attitudes avait été la même pour les rôlistes. Mais eux ont été capable de s'inviter à la fête et de se faire une place dans la forteresse. Oh, ils n'ont pas été accueilli à bras ouvert comme en Angleterre ou aux USA, mais on a bien été obligé de leur faire une place. Mais les gamers n'ont pas eu la même attitude. Il faut dire qu'ils sont dans la culture de l'image. Aller vers l'écrit c'est un effort conséquent pour eux. Et comme le fandom ne leur a pas tendu la main des trolls d'extrême droite en profité pour les manipuler et leur laver le cerveau avec des idées frelatées.
Reconquérir le lectorat prolétarien est la seule manière de développer les littératures de l'imaginaire en France. Mais j'ai l'impression que nous ne sommes qu'une minorité à le vouloir. Il va falloir brusquer les choses et se battre contre des moulins à vent. On a besoin de collections populaires. Elles se développent et d'ailleurs je suis bien placé pour le savoir. Mais il faut trouver comment entrer en contact avec ce lectorat prolétarien et là je dois dire que je suis un peu en manque d'idées.

mercredi 10 janvier 2018

Une question de mythologie

Dans l'actualité deux nouvelles qui se téléescopent m'ont fait réagir. D'une part l'acteur Charles Berling qui déverse sa haine sur Star Wars et d'autre part un sondage nous apprend qu'une majorité de français croit au moins à une théorie de la conspiration.

Bref cela nous interpelle quelque part sur le concept de mythologie. Star Wars a été conçu comme une mythologie moderne en partant du voyage du héros de Joseph Campbell et en y greffant des éléments qui viennent de l'histoire, de la mythologie grecque, du mythe arthurien..... Le mépris de Berling envers l'œuvre de Lucas est caractéristique de la mentalité de nos élites qui dénie au peuple le droit d'avoir des mythologies modernes. En France la SF et la fantasy fonctionnent mal et se vendent pas forcément aussi bien qu'elles le devraient. Pourtant chez nous aussi des auteurs créent des mythologies aussi bien en littérature qu'en BD. Et pourtant, bon nombre de Français ne veulent pas en entendre parler. Les même pourtant font circuler allègrement des fake news qui parlent à leur imaginaire.

Ils préfèrent se créer un réel imaginaire qu'ils transforment en mythologie, mais non en mythologie sécularisée, mais en mythologie croyance. Ce qui nous renvoie à l'âge d'or de la revue Planète qui mêlait science fiction, ésotérisme et théorie du complot. Ce qui nous renvoie à Bernard Werber et ses œuvres pétrie de philosophie new age construites autour de pseudo-science. Et pire encore à Dantec qui mets l'occultisme et l'ésotérisme au rang des sciences exactes. Bref les hétéroclites qui construisent une pseudo-SF à partir de théorie pseudo scientifique ou de fake news, qui curieusement sont best sellers chez nous.

Une partie des français réenchante son quotidien par des croyances qui la mênent à adhérer souvent à des idées extrémistes, à la méfiance généralisée. Alors que la découverte des mythologies sécularisées de la SF et de la fantasy pourrait apporter tant. Des ouvertures sur la philosophie, la morale, la compréhension de l'autre, la compréhension de l'altérité.

Tout ça parce qu'une partie de nos élites crache allègrement sur l'imaginaire. Les Français vont donc trouver leur consolation ailleurs. Et c'est dangereux.

mardi 12 décembre 2017

Pulpy vs Puppies, nouvel épisode

On fait un résumé de la situation.
Un membre des puppies lance sa propre revue de SF pulp parce qu'il est très déçu des choix des Puppies pour le Hugo. Il publie certes des auteurs conservateurs mais l'on peut voir au sommaire de Cirsova magazine des auteurs progressistes ( le moorcockien anglais Adrian Cole ou le new pulpster Edward Erdelac par exemple).
Les progressistes lancent leur propre magazine pulp, Broadsword and Blasters et dans le même temps un autre magazine aux rédacteurs en chef moins marqués politiquement se lance, StoryHack.
Et évidemment l'ignoble Vox Day, tout opportuniste qu'il est, décide de récupérer le mouvement et de le baptiser Pulp Revolution. Même s'il dit vouloir accueillir tous les auteurs bien au delà du mouvement des Puppies, il est clair que le centre de gravité de Pulp Revolution c'est sa propre maison d'édition, Castalia House.
Il est clair qu'il n'a pas entendu parler du revival pulp qui existe de puis près de dix ans autour d'éditeurs estampillés new pulp comme Airship 27, Pro Se ou Pulpworks. Il n'a pas entendu parler aussi du retour de la sword and sorcery avec Heroic Fantasy Quarterly ou Sword and Sorcery Magazine. En bon opportuniste il réinvente la roue et ne s'est pas rendu compte que le pulp est revenu. Certes les éditeurs de SF n'ont pas pris le train en marche (les gens du mouvement new pulp d'ailleurs le regrettent) mais il y a des auteurs et des zines qui sont ouverts à des récits pulps. Donc le but de Vox Day est bien de faire croire que seule la SF conservatrice est pulp ce qui est ridicule.

dimanche 3 décembre 2017

Un magazine ?

Les états généraux nous poussent à réfléchir à des pistes (peut être pas toujours réalistes mais il faut bien partir de quelque part).
Je me demandais si ce qu'il manquait à nos littératures ce n'est pas un magazine de kiosque. Un magazine, format magazine classique et dans lequel on trouverait des nouvelles, mais aussi un peu d'actu et de critiques. Pour que ça marche il faut que le magazine en question ratisse large et soit un pont entre plusieurs publics. Un magazine qui serait plutôt pulp dans son contenu et qui pourrait s'adresser à un public aussi bien d'amateur éclairé que de rôlistes ou de gamers.
Ça vaudrait le coup de faire une étude pour voir quel projet pourrait être viable ? Quel contenu pour ratisser suffisamment large ?

jeudi 30 novembre 2017

Fantasy art and Studies N°3

J'aime la science fantasy, c'est un de mes genres préférés. J'étais donc impatient de découvrir le numéro que Fantasy Art and Studies allait consacrer à ce courant.
Et je dois dire que la déception a été au rendez vous. Déception parce que la plupart des textes se contente de mêler le décorum du médiéval fantastique avec des éléments de SF. Et d'autre part parce que la totalité des textes sont sous le signe de l'humour. On était en droit de s'attendre à de l'originalité ( c'est ça que j'attends de la science fantasy) et même d'un brin de folie.
Les auteurs qui font du mélange de genre ne manquent pas en France ( Philippe Deniel, Anthony Boulanger, Catherine Loiseau, Nicolas B Wulf et quelques autres) pourtant.
La nouvelle de A.R Morency surnage avec son univers de fantasy vancien malgré une histoire un peu trop banale.
Bref ce numéro 3 est bien en dessous des deux autres. Il n'y a ici aucun texte coup de point comme c'était le cas dans les deux premiers opus. Les textes sont toutefois agréables à lire mais manquent sérieusement de l'originalité que l'on est en droit d'attendre de la science fantasy.