dimanche 25 août 2019

SF et diversité

Il y a quelques années je faisais remarquer que le milieu SFFF français était plutôt blanc et je m'interrogeais sur la question du racisme. Un célèbre auteur m'avait renvoyé dans les cordes en me disant qu'il n'y avait pas de racisme dans le milieu. Le même auteur reconnaissait pourtant qu'une partie du milieu était sexiste.
On sait que Fleuve Noir refusait de publier des femmes dans la collection Anticipation et ce jusqu'à l'arrivée de Nicole Hibert. Julia Verlanger a dû user d'un pseudonyme masculin pour contourner cet obstacle. Je ne serais pas surpris si la même mesure d'exclusion s'appliquait aux auteurs de couleurs à l'époque. Mais je n'ai pas d'information là dessus.
Mais j'ai du mal à comprendre que la revue Fiction n'ai dans les années 70 et 80 jamais publié d'auteurs francophones de couleur. Ne serait ce que des francophones issus de pays africains ( j'ai lu il  y a quelques temps un article qui tant à prouver que la revue était lu en Afrique du Nord).
Quand on regarde à l'étranger la SF britannique a accueilli ses premiers auteurs de couleur dans les années 2000 alors qu'elle est réputé progressiste. La SF américaine elle, a publié Samuel Delany et Octavia Butler dès les années 60, en dépit de l'influence campbellienne.
Donc on peut se demander s'il n'y a pas une part de frilosité de la part des éditeurs français et Européens.

mardi 6 août 2019

Livres de voyage

Aujourd'hui l'on voit de plus en plus de gens occupé dans les transports avec leurs smartphones à regarder des vidéos de chat en HD ou à envoyer des textos aux collègues qu'ils viennent de quitter et qu'ils retrouveront le lendemain. Bref c'est déprimant.
Mais pourquoi ne lit-on plus ? Et bien parce que les gros pavés de 800 pages ce n'est pas pratique en emporter. Ce que l'on veut lire quand on part en voyage, quand on est dans le train, dans le tram ou dans le bus ce sont des romans courts. Et bien on commence à le comprendre.
Aux USA Tor a lancé le label Tor.com qui publie des novella et des romans courts. Dans le domaine du thriller, James Patterson a lancé son label pour publier des romans courts.
Chez nous le Bélial a la collection Une Heure Lumière et la collection Pulp. Les Saisons de l'Etrange publient des romans courts d'aventure pas prise de tête. Et il y aussi Rivière Blanche, le Carnoplaste ou Pulp Factory. Les gens qui veulent voyager ont de quoi faire et peuvent commencer à acheter des romans à lire dans les transports en commun dans leur P.A.L.
Mais chez nous les gros éditeurs n'ont pas encore créé de collection de novella ou de romans courts. Je sais de source sûre que ce n'est pas encore d'actualité chez Bragelonne par exemple. Dommage. Parce qu'entre commander des livres en prévision de ses voyages où les acheter en maison de la presse ou en Relay, c'est différent. La collection de James Patterson est vendu en drugstore aussi bien qu'en librairie. J'ignore ce qu'il en est de Tor.com. Mais c'est bien par le roman court que l'on va permettre de remettre la lecture dans le temps du voyage. Et permettre ainsi aux gens de déconnecter un peu.

samedi 27 juillet 2019

Qu'est ce que le francofuturisme ?

Liberté, égalité, fraternité sont les trois valeurs mise en exergue par notre république. Trois valeurs qui incitent au vivre ensemble et à la solidarité. Trois valeurs qui sont au cœur du francofuturisme, le courant de science fiction construit autour de ces valeurs positives.
Je crois que le plus ancien exemple que l'on peut trouver c'est Les futurs mystères de Paris de Roland C Wagner avec cette France où cohabitent des tribus construites autour de leurs affinités socio-culturelles. Société pacifiée où le vivre ensemble est une réalité et non une utopie.
Mais je voudrais parler de deux auteurs qui actuellement sont en train de construire ce francofuturisme.
Tout d'abord Jean Bury qui avec son roman les Chasseurs Noirs présente un humanisme fort au cœur de l'effondrement. La ville de Toulon refait naître la République en mettant en avant les trois valeurs citées au tout début. Et c'est cet attachement à ces valeurs qui leur permet de mettre en place le programme de démobilisation des enfants soldats. Ces enfants qui fraternisent alors que quelques semaines auparavant ils étaient encore ennemi. Je crois que Jean Bury n'a pas encore tout dit sur ce thème du vivre ensemble et qu'il y reviendra dans ses prochains textes.
Autre auteur qui me semble aussi relever du francofuturisme, Jean Christophe Gapdy. Lui nous propose une vision positive du multiculturalisme. Et développe en filigrane des thèmes autour de la liberté, celle des androïdes qui veulent être reconnu comme des citoyens comme les autres par exemple.
Le francofuturisme n'a pas fini à mon avis de donner des œuvres intéressantes. Ce courant n'en est qu'à ses balbutiements.

Effets collatéraux

C'est fous comme la crise des Puppies a fait bouger les éditeurs anglo-saxons SFFF. Ils se sont rendus soudain compte qu'il ne tendaient plus la main aux rôlistes, qu'ils ne l'avaient sans doute jamais tendu aux gamers. Et ces derniers se sont tournés vers des auteurs conservateurs voir parfois pire. Seul Baen avait une réelle offre gamer friendly. En tout cas aux USA.
Car l'éditeur britannique Angry Robot, lui a publié depuis ses débuts des auteurs issus des milieux rôlistes. Il ne faut pas oublier qu'à l'origine de cet éditeur l'on trouve Mark Gacoigne, l'un des fondateurs de Games Workshop. Et il est assez naturel de trouver dans les commencement de l'éditeur des transfuges de Black Libray venus montrer qu'ils savaient aussi écrire des romans originaux et le faire bien.
Mais depuis 2015 l'offre gamer friendly on la trouve chez Orbit ou chez Tor. D'ailleurs les sorties récentes ou à venir du label Tor.com montre bien cette préoccupation. Border Keeper de Kerstin Hall avec son univers weird qui fait écho à certains univers développés par l'aile progressiste de l'OSR, Gideon the Ninth, roman de space opera gothique essaie de séduire les amateurs de la franchise 40K pour leur faire découvrir autre chose. Et je pense que ce n'est pas fini.
Montrer que des auteurs progressistes pouvaient aussi construire des univers populaire pour un public cherchant des littératures proches des autres média était la réponse appropriée. Je suis content de voir qu'elle a été appliquée.

mardi 16 juillet 2019

Relais H

Je me souviens du milieu des années 90. À cette époque il était courant de trouver dans les relais H des romans de SF ou de fantasy. Fleuve Noir Anticipation puis Fleuve Noir SF, J'ai Lu SF et Pocket SF. En fait depuis les années 80 l'imaginaire était présent en Relais H.
Depuis le début des années 2000 curieusement la présence de l'imaginaire dans les Relais H s'est réduite comme peau de chagrin jusqu'à n'être qu'exceptionnelle. On trouvait encore il y a quelques années un Milady ou un J'ai Lu SF mais vraiment à de rares occasions. Maintenant il semble que les collections SF poche aient totalement disparu des Relay comme ils se font appeler maintenant. Comme si les voyageurs rejetaient la SF et la fantasy comme littérature de voyage. Mais je sais qu'il n'en ait rien.
Le rayon polar lui, dans le Relay que je connais le mieux, celui de Limoges a légèrement augmenté. On se demande bien pourquoi un mauvais genre a renforcé sa présence et qu'un autre par contre finit par y disparaître. Est dû au changement d'actionnaires dirigeants chez Hachette, entre la famille Lagardère et Bernard Arnault ? Ou l'explication est à chercher autre part ?

vendredi 21 juin 2019

Visibilité

Ils s'appellent Jean Bury, Phil Becker, Kevin Kiffer, Jean Christophe Gapdy, Bruno Pochesci, Elie Darco, Emilie Querbalec ou Catherine Loiseau et beaucoup d'autres . Ils sont la relève, l'imaginaire d'aujourd'hui mais encore plus celui de demain. Mais vous avez choisi de les ignorer. Leur crime : publier chez de petits éditeurs. Mais être capable d'œuvres remarquables.
Ils n'ont jamais publié dans Bifrost. Donc pour vous ils n'existent pas. Dommage vous ne savez pas ce que vous ratez.

J'aurais pu en citer beaucoup d'autres : Arnauld Pontier, Yael-July Nahon, Gregory Covin, David Chauvin, Sylvain Lamur, Nicolas Pagès, Siana, Luce Basseterre et encore bien d'autres. L'imaginaire français est multiple et ne se limite pas à quelques têtes d'affiches.

dimanche 2 juin 2019

La fantasy se vend mal

Ainsi la fantasy se vend mal selon un article du Point Pop.

Dans un pays où le genre n'est présent que dans les grandes villes et certaines villes moyennes ce n'est pas étonnant.
Mais si l'on veut comprendre pourquoi les littératures de l'imaginaire ne sont pas le centre de gravité des littératures populaire comme dans de nombreux autres pays il faut revenir en arrière. En 1979. La cause en est politique et de la politique plutôt nauséabonde.

C'est donc vers 1978 que Denis Tillinac se rend compte que la science fiction et le roman noir sont en plein essort. Or la majorité des auteurs qui œuvrent dans ces genres sont plutôt à gauche. Et l'éditeur voit déjà les chars de l'armée rouge sur les Champs Elysée. Et pour sauver une vision conservatrice voire réactionnaire de la littérature populaire, il lance l'Ecole de Brive. Je n'exagère pas. Il relatait les faits dans interview à la Montagne il y a quelques années.

Ça aurait pu être anecdotique. Mais la littérature de terroir va connaître un développement inattendu. Et va s'imposer comme le centre de gravité des littératures populaires pendant au moins 15 ans. Le polar reprendra la place qui était la sienne au milieu des années 90.
Et pendant ce temps la SF a réduit son audience. Il faut attendre 1996 pour qu'on la voit réemerger. La fantasy française va s'organiser à partir à peu près de la même date. Quinze années perdues durant lesquelles les auteurs finissent par disparaître après quelques nouvelles. On finit par se rendre compte de ce que l'on a perdu quand les romans finissent par paraître comme les romans de Jacques Boireau parus à titre posthume.
Les choses sont reparties au milieu des années 90 mais quelque part le mal était fait. La SF française redémarre et la fantasy française rentre dans l'âge adulte. Mais si au début les choses marche bien, ça retombe au début des années 2000 sans que l'on sache bien pourquoi. Un phénomène nommé déperdition des 25 ans ( en gros des lecteurs à partir de l'âge de 25 ans finissent par décrocher des genres de l'imaginaire pour mettre au polar ou à la blanche parce que ça fait plus sérieux dans le monde du travail).

Le mal a bien été fait. Le développement de la littérature de terroir a conduit dans certains territoires à une démographie de la lecture aberrante. Au lieu d'encourager les jeunes adultes à lire l'on a plutôt encouragé les personnes les plus âgées. Les maisons de la presse de province ont mis la littérature de terroir en avant et le monde du livre n'était plus trop attractif pour les jeunes générations qui ne voyaient pas vers quoi se tourner après la littérature ado. Et bien souvent les adolescents des zones rurales n'ont aucune idée que la fantasy est aussi de la littérature.