samedi 9 septembre 2017

L'imaginaire source de tolérance ?

En ces temps troublés je me demande si la culture de l'imaginaire n'est pas une source de tolérance. Laissez moi vous raconter l'histoire de Ken Scholes.
Cet auteur a passé son adolescence dans une communauté baptiste. Un temps attiré par le jdr et la SF au début de son adolescence il est vite recadré par la dite communauté.  Il brûle ses livres de JDR et devient un virulent contempteur de ce qu'il a adoré. Il devient prédicateur avec des prêches très violent contre la culture de l'imaginaire. Il part à l'université et là il rencontre des gens de différentes opinions et confessions et échangent avec eux. En même temps il se remet à la SF et à la fantasy. Et il sort de  la spirale de l'intégrisme religieux dont il est devenu, l'un des premiers dénonciateurs.
L'imaginaire peut donc nous aider à changer et à devenir meilleur. Et ce n'est pas un cas isolé.
Par exemple grâce à Moi, rôliste, on découvre le témoignage d'une jeune femme élevée dans un milieu catholique intégriste et qui a fini par devenir quelqu'un de plus ouvert grâce au jeu de rôle.
http://lejdretmoi.centerblog.net/1-roliste-et-fille-de-catho-catho

Donc tout serait pour le mieux ?

Mais il y a les Rabbid Puppies pour nous montrer les limites de ce raisonnement. On peut adhérer à la  culture de l'imaginaire et être sexiste, raciste, homophobe. Ces gens sont une minorité, certes, mais ils sont remuants, et n'hésitent pas à endoctriner notamment dans le milieu des gamers.

vendredi 8 septembre 2017

Et les gamers alors ?

Si le public rôliste a fini par se faire accepter du fandom, on ne peut en dire autant du public gamer qui lui reste encore mal aimé. Même si les gamers des 80 ou 90 ont fini par trouver le chemin des littératures de l'imaginaire, parce que souvent ils s'intéressaient à d'autre pans de la culture de l'imaginaire : BD, jeux de rôles, cinéma....

Curieusement on trouve un certain nombre d'auteurs de SF ou de fantasy parmi les concepteurs et scénaristes de jeu vidéo ( Alan Campbell ou Erin Hoffman chez les américains, Mathieu Gaborit chez les Français). Et pourtant les gamers sont perçus comme d'éternels adolescents et ils sont toujours mal vus de bon nombre d'acteurs du milieu de l'imaginaire. On me rétorquera que les relations du fandom avec le milieu rôliste ont été difficile en France et que les choses se sont régularisées tard ( au milieu des 90). Mais le jeu de rôle appartenant lui aussi à la culture de l'écrit ou tout du moins à celle de la narration verbale, il avait un énorme point commun avec la littérature et le glissement de l'un à l'autre n'avait sans doute pas besoin de passerelles.

Ce rapport difficile entre ces deux milieux ne prêterait sans doute qu'à sourire s'il n'y avait pas eu les Rabbid Puppies. Beaucoup de gamers ont basculé dans le camp des ultra-conservateurs et de l'extrême droite aussi bien aux USA que chez nous. Parce qu'ils ne se sont pas tournés vers la culture de l'écrit. Parce que bon nombre de gens dans le fandom ne les ont pas considérés comme un vivier de futurs lecteurs et les ont pris de haut. Et les conservateurs en ont profité pour les manipuler et les gaver de "bullshits" idéologiques. De plus aux USA l'éditeur vers lequel se sont tournés ceux qui avaient envie de lire c'est Baen. Editeur spécialisés dans un SF populaire, il a radicalisé ses publications dans les années 2000 en signant beaucoup d'auteurs ultra-conservateurs. Baen est un éditeur qui a fait le choix de continuer à être distribué dans les drugstores et qui a même un partenariat pour vendre dans les foyers de l'armée.  Donc leurs ouvrages étaient faciles à trouver. Et donc ça n'a pas forcément aidé.

Les progressistes ont eu tort de ne pas s'intéresser à ce public. Ils n'ont pas eu l'idée de créer un anti-Baen, un éditeur progressiste qui aurait publié de la SF ou de la fantasy populaire facile à trouver et reflétant leurs idées. S'ils l'avaient fait les gamers auraient eu le choix et auraient trouvé autre chose. Curieusement l'anti-Baen, c'est peut être Solaris Books, éditeur britannique mais distribué également aux USA. Mais dont les ouvrages ne sont pas aussi facile à trouver que Baen. En France personne ne s'est vraiment intéressé à ce segment et les éditeurs qui publient des choses susceptibles de les intéresser ( Rivière Blanche, ou ma propre maison d'édition Pulp Factory) ne sont pas forcément si faciles que ça à trouver (même si je me bat pour ça de mon côté). Au lieu d'exclure les gamers à cause des Rabbid Puppies, on ferait mieux de les considérer comme un public d'intérêt et de leur proposer ce qu'ils ont envie de lire au lieu d'en laisser le monopole à des éditeurs conservateurs pour ne pas dire plus.


jeudi 7 septembre 2017

Les sous genres du space opera

Tous les space opera ne se ressemblent pas. Et j'ai envie de présenter une typologie ce que l'on peut trouver. Vous avez évidemment le droit de ne pas être d'accord.

- Le western spatial, le sous genre pas lequel tout a commencé. On reprend les code du western dans l'espace en remplaçant les cow boys par les astronautes et les indiens par les extraterrestres. Souvent récit de colonisation qui tourne mal. Bref c'est aussi souvent le space opera le plus conservateur au niveau idéologique (mais heureusement pas toujours). Remis au goût du jour par Mike Resnick avec Santiago ou le Faiseur de veuves, a fait aussi les beaux jours du petits écrans avec la série Firefly.
- Le cape et laser : reprend les codes du récit de cape et d'épée dans un cadre spatial. Nous citerons le Traquemort de Simon R Green qui est l'archétype même de ce sous genre.
- Le péplum spatial : les grands empires galactiques, les récits épiques et picaresques conduisant de vaillants héros à travers la galaxie. Les ingrédients sont connus et emblématiques. Star Wars a donné ses lettres de noblesse à ce sous genre. Mais nous citerons aussi un des romans fondateurs du space opera, les Rois des étoiles de Edmond Hamilton.
- Le space opera militaire. Bref toutes les œuvres mettant au premier plan des forces militaires. De la saga Vorkosigan de Lois McMaster Bujold à Honor Harrington de David Weber. À un certain succès depuis le début des années 2000.
- Le space opera picaresque. Des héros voyagent dans l'espace pour accomplir une quête personnel. Jack Vance en a été le représentant le plus emblématique. Mais en France, Laurent Genefort s'y est aussi illustré.
- Le dark space opera. Du space opera sombre, souvent avec des ambiances gothiques ou baroques. Des régimes dystopique, des guerres qui n'en finissent plus et souvent un sens de la démesure. La série de BD Lone Sloane de Philippe Druillet, l'univers de jeu Warhammer 40 000 ou les romans de la série le Neuvième Cercle de Jean Christophe Chaumette sont de bons exemples de ce courant.
- Le thriller spatial. Des space opera qui reprennent les codes du thriller. Souvent dans le cadre du système solaire et souvent avec des voyages en dessous de la vitesse de la lumière. Nous citerons en exemple La cité du gouffre d'Alastair Reynolds, le cycle The Expanse de James S.A Corey ou encore la Grande Route du Nord de Peter f Hamilton ( même si ce dernier est plus proche du planet opera) sont de bons exemples de cette tendance récente.

J'ai essayé de créer des cases qui peuvent faire rentrer le plus d'œuvres possibles. Mais je suppose que ce n'est pas exhaustif. Si j'ai oublié quelque chose les commentaires sont là pour vous.


lundi 4 septembre 2017

Où sont les diplomates ?

Bref la SF et fantasy grouillent de militaires et de guerriers. Mais malheureusement la résolution non violente des conflits n'est pas vraiment à la mode. Même si l'on a vu quelques romans de l'autre côté de l'Atlantique ( notamment ceux de Genevieve Valentine) mettre des diplomates au premier plan. Ça reste des exceptions.
Quelque part c'est dommage. Ce type de personnage mérite de grands romans.

dimanche 3 septembre 2017

La genèse des genres

Au début il eu les livres. Mais ça c'était avant.

Aujourd'hui est apparu la gunpowder fantasy qui met en scène des univers renaissants et temps modernes. Des mondes secondaires allant du 16éme siècle à la période napoléonienne. Mais si l'on remonte le plus loin possible pour trouver les premières apparitions de ce genre ce n'est en littérature qu'il faudra chercher. C'est vers le jeu de rôles (Warhammer), le jeu de figurine ( Warmachine) ou encore les jeux vidéo ( Arcanum) qu'il faut se tourner. L'apparition du courant en littérature est elle très récente. Les auteurs s'approprient les influences des autres média.
L'on pourrait avoir des résultats comparables dans d'autres genres. La fantasy urbaine romantique d'exploitation ( appelé bit lit sur nos rivages) ne serait sans doute rien sans la série Buffy. Et la fantasy urbaine tout court doit sans doute beaucoup au World of Darkness de White Wolf, en tout cas pour sa déclinaison " hardboiled gothique".

jeudi 24 août 2017

Elargir le lectorat

En 2000 sur la liste SF Franco, il était question de l'élargissement du lectorat. Bon nombre d'intervenants considéraient qu'il allait de soi de se tourner vers le lecteur de blanche. J'avais fait jouer ma différence en disant de manière à la fois sincère et provocatrice " il vaut peut être mieux s'adresser aux jeunes de banlieues". Je pense toujours que c'est beaucoup plus intéressant d'élargir le lectorat vers de faibles lecteurs ou des non lecteurs. De conquérir des gens qui parfois connaissent l'imaginaire par d'autres médias et qui n'ont aucune idée de la richesse de son volet littéraire.
J'ai la faiblesse de croire que c'est possible. Si ça avait été fait je pense que l'imaginaire se portrait mieux en France et la société aussi.

S'adresser à un public jeune qui ne demande qu'à trouver un oasis de culture sur sa route pour se cramponner au genre humain, c'est de toute façon quelque chose de positif. L'imaginaire c'est du rêve, le rêve la jeunesse en a besoin plus que jamais.

L'élargissement vers le public de la blanche a été un échec. Et à même contribué à brouiller le message et à détruire des cohérences.

samedi 12 août 2017

Occasions perdues

À la fin des années 70 dans le monde anglo-saxon, les éditeurs de jeu de rôle vont se rapprocher du milieu de l'imaginaire. Ils vont avoir des stands dans les conventions de SF. Les conventions de jeux de rôle, elles vont inviter des auteurs locaux ou des small press du coin.
En France rien de tel. Le fandom se méfie des milieux rôlistes. Si bien que c'est le fandom rôliste qui va être à l'origine du renouveau des littératures de l'imaginaire dans les années 90. Et c'est lui qui va se rapprocher du fandom SFFF bien content de voir arriver un renfort dont il a bien besoin. Tout d'abord certains auteurs, notamment Pierre Bordage, ont bénéficié d'un excellent bouche à oreille dans ce milieu, d'autres part on voit arriver des éditeurs comme Mnémos ou Nestiveqnen qui sont des émanations de ces milieux et qui ont permis à la deuxième génération d'écrivain rôliste d'arriver jusqu'à la publication.
Parce que la première génération d'écrivains rôlistes, ceux qui écrivaient des nouvelles dans Dragon Radieux ou qui s'exprimaient dans un magazine de JDR comme Graal où les scénarios et les aides de jeux étaient présentées de manière très littéraire, n'ont pas eu cette chance. Fleuve Noir n'a pas été capable de créer une collection de fantasy en parallèle d'Anticipation qui aurait pu les publier. Quant aux autres grands éditeurs, entre ceux qui pensaient que les auteurs français n'étaient pas rentables et ceux qui voulaient se rapprocher de la blanche, l'on sent bien que l'air du temps des années 80 ne leur était pas favorable.
Mais Ils n'ont pas été les seuls à subir cet ostracisme. En me documentant sur la convention de Limoges de 77, j'ai découvert l'existence d'un fanzine limougeaud nommé Sables Mouvants et d'un autre sur Brive dont j'ai oublié le nom. D'après l'article les concernant j'ai découvert qu'ils essayaient de se rapprocher de Metal Hurlant. Or une grand partie du fandom regarde Metal Hurlant d'un assez mauvais œil. Certains lui reproche une certaine violence, d'autres de ne pas être exclusivement politique (même si Metal est assez engagé à gauche). Le rapprochement ne se fait pas, ou pas autant qu'il l'aurait dû.
C'est comme le rapprochement avec le rock'n roll. Des auteurs comme Roland C Wagner ou Jean Marc Ligny semblent les seuls à avoir eu à l'époque des accointances solides avec les milieux du post punk de l'époque. Là aussi il y a eu un rendez vous manqué.
Et l'on ne parle même pas de la génération sacrifiée, celle des Eric Sanvoisin, des Jean Luc Triolo et autres auteurs prometteurs qui n'ont pas dépassé le stade de la nouvelle parce que la SF n'était pas à la mode. Parce que le fandom faisait un complexe d'infériorité par rapport à la blanche.
Aujourd'hui les choses ont changé. Le dialogue existe avec certains fandoms connexes. Les conventions geeks invitent régulièrement des auteurs et des éditeurs. Mais on répugne tout de même à se rapprocher de certains milieux comme les gamers. Que l'on se souvienne que c'est à cause de cela que les Rabid Puppies ont pu monter leur coup de force de l'autre côté de l'Atlantique.