samedi 17 juin 2017

Fantasy art and studies n°2

Le deuxième numéro de cette web revue bilingue est consacrée à la fantasy urbaine. Et elle essaie de sortir des sentiers battues. Lectrice de bit lit passe ton chemin. FAAS a choisi un autre chemin. Le courant hardboiled gothique très populaire d'ailleurs est oublié.
La revue a privilégié le courant le plus littéraire du genre. Et il y a des réussites.
Le goût du bitume de Jason Martin est véritablement l'une d'entre elles. On y retrouve une ambiance assez proche du dernier Magicien de Megan Lindohlm mais réécrit par Serge Brussolo. Un univers original et riche que l'on a envie de retrouver dans d'autres textes.
Dogmes invisibles d'Ange Beuque nous parle du destin des dieux quand plus personne ne croit en eux. L'univers est à peine esquissé mais là aussi l'on a envie d'en savoir plus.
Réfugiés de Sorane Bégaro nous renvoie à une actualité brûlante en traitant l'arrivée de réfugiés d'un royaume magique dans notre monde. Le récit est malheureusement trop proche du réel pour être véritablement savouré.
Weggen avait été une des révélations du premier numéro et il revient avec un texte, Soliloquies pour la ville insomnie, très différent de sa première contribution. Si le texte du numéro précédent était plutôt pulp, celui ci est beaucoup plus littéraire. On y parle de la manière dont les réfugiés d'Atlantis, hommes lézard, anges ou ondins, s'adaptent à la ville de Hong Kong. Un texte plus intéressant que celui de Sorane Bégaro sur le même thème. Un grand moment de poésie et de mélancolie aussi. Un auteur à la prose original qui avec qui il va falloir compter.
Hic Sunt Dracones de Lilas nous présente le quotidien d'un changelin à San Francisco et est axée sur le réenchantement du monde. À noter que c'est la seule nouvelle en anglais de la revue.
On ne bouge plus de Marie Démosthène est une nouvelle plutôt humoristique avec une satire plutôt bien vue de la bureaucratie et de ses excès dans un monde de fantasy. Avec une chute totalement inattendue. Un univers peint en petites touches qui donne envie de l'explorer plus avant.

lundi 29 mai 2017

Le monopole du pulp (suite)

Les Puppies sont un vrai révélateur des tendances profondes. Et il était clair que les progressistes n'allait pas laisser aux seuls Puppies le monopole d'une SF et une fantasy pulpy. Les Puppies ont certes dégainé les premiers l'an dernier avec Cirsova Magazine, notamment. Mais il faut bien dire que l'éditeur du magazine était désappointé par les choix de son propre camp et qu'il a publié des auteurs bien au delà de la sphère conservatrice.
Les progressistes ont répliqué. Et l'on a vu arriver Skelos Magazine et plus récemment Laser and Broadsword et aussi Storyhack. Et le tout en format papier. Si la tendance pulpy avait été délaissé dans les années 90 amenant notamment John O'neil à créer Black Gate pour occuper le terrain en ce qui concerne la fantasy, les années 2010 ne commettent pas la même erreur.
Maintenant il faudrait qu'au niveau du roman il y ait la création d'un véritable éditeur progressiste qui publie de la SF populaire au antipodes de la production de Baen pour que les choses soient vraiment intéressante.

mardi 23 mai 2017

La mythologie européenne médiévale

Aujourd'hui la fantasy est dominée par une mythologie anglo-saxonne théorisée par Tolkien même si depuis une vingtaine d'années de plus en plus d'auteurs sortent de ces schémas.
On ne compte plus les romans où l'on trouve des Elfes, des Nains, des Orcs, des Trolls, des Gobelins... Des créatures toutes issues des mythes nordiques ou celtiques. Mais où sont donc les êtres des mythes médiévaux ?
Les cynocéphales, les panotéens, les blemmyes, les sciapodes et autres êtres popularisés par le bestiaire médiéval n'ont pas eu la chances de leurs cousins nordiques ou celtiques. Pourtant vu la richesse de ce bestiaire utilisé aussi bien dans les chansons de geste, romans ou livres de merveilles du moyen âge que plus tard jusqu'au 17éme siècle on pourrait penser qu'il y a là un terreau pour les auteurs de fantasy et paradoxalement les auteurs de fantasy européens continentaux.

vendredi 19 mai 2017

Les espoirs de l'imaginaire : Fabrice Pittet

1. Peux tu te présenter en quelques mots ?
Né dans un joli coin de la Suisse durant l’été 1977, j’ai empoché il y a quelques années mon diplôme universitaire de biologie. Après un passage dans le privé, je suis dorénavant enseignant en sciences naturelles et en maths dans des classes en fin de scolarité obligatoire. Côté famille, j’ai la chance d’avoir la meilleure des compagnes ainsi qu’un petit diablotin de 5 ans. Depuis toujours, je subis avec joie la passion dévorante de l’imaginaire. Une passion que je vis surtout à travers le cinéma et la littérature, et dans une moindre mesure à travers les jeux vidéo. Je suis également atteint de collectionnite aigue, ce qui m’oblige à rassembler statues et figurines de mes héros et monstres préférés… Tout un programme…

2. Comment es tu venu à l'écriture ?
Après des années de consommation, après des milliers de films, de jeux, de comics, de livres et de nouvelles, j’ai eu envie de créer. Je me suis essayé au dessin, mais je n’ai pas rencontré de satisfaction concluante dans cet exercice. Le papier, le crayon et ma désastreuse gestion des perspectives me limitaient. Beaucoup trop pour que je m’émancipe. Enfin, après quelques années d’approche où j’écrivais de petits trucs juste pour moi, je me suis lancé dans la rédaction d’une saga en 4 tomes. L’écriture me permettait de raconter mes histoires, celles qui prenaient vie dans ma tête, sans autre limite que ma faculté à agencer les mots sur le papier.
Il m’a fallu 8 ans pour mettre un point final à ce cycle de fantasy. J’y ai tout mis. Je me suis planté mille fois. J’ai déchiré des pages, recommencé, modifié des passages, encore et encore. Je me suis formé sur mon clavier, tout seul dans mon coin. Selon moi, il n’y a pas mieux pour obtenir quelque chose de plus ou moins concluant : écrire, écrire et écrire. Ah, et sans oublier un peu de lecture en parallèle. Ça aide !

3 - Tu as publié une novella de fantasy intitulé Par delà les Ondes chez Fantasy RCL. Peux tu nous la présenter ? Comment t’es venu l’idée de créer une espèce d’humanoïdes amphibie ?
Cette novella est un peu particulière puisqu’elle s’inscrit dans la continuité de mon cycle dont je parle plus haut, et qui met à l’honneur les Bélénides. Les bélénides ? Un peuple amphibie, capable d’évoluer sous l’eau pour y bâtir des cités ou y vivre plein d’aventures, capable aussi d’arpenter la terre ferme. Toutefois, certains d’entre eux sont déficients. Entendez par là qu’ils sont dénués de poumons et que, par voie de conséquence, ils n’ont plus la possibilité d’aller voir ce qui se passe au-delà de la surface de l’océan. C’est le cas du personnage principal de « Par-delà les Ondes ». Il souffre de son handicap à proprement parler mais également du regard des autres, spécialement ceux de son père et de la fille qu’il aime. Mais, alors que le destin s’acharne sur lui, alors qu’il encaisse les coups durs jour après jour, Elpheen ne reste pas inactif. Il compte bien chambouler l’ordre établi, briser l’échine de l’inéluctable. En secret, il travaille sur l’œuvre de sa vie, celle qui le mettra sur un même pied d’égalité avec ses congénères. Je voulais, dans la mesure du possible, me plonger dans la psyché d’un être diminué physiquement, dont la volonté lui permettra de tenir, sans jamais (ou presque) baisser les bras. C’est la deuxième histoire que j’ai publiée chez Fantasy Editions, et elle est parue en numérique et dans mon recueil papier intitulé les Chroniques Ecarlates, entre Chien et Loup.
Comment ai-je eu l’idée de développer une race amphibie ? Je crois que c’est avant tout car j’adore le monde aquatique. Il recèle des mystères insondables. Il est beau, coloré, parfois sombre et carrément ténébreux. Il est également est propice à l’imagination. En créant une race capable d’évoluer dans les deux milieux, j’ai ouvert l’horizon de mes histoires à tous les possibles. Enfin, les bélénides sont un peu mes elfes à moi, je crois…

4 - Tu as également publié une novella de dark fantasy chez le même éditeur, « gloire écarlate ». Peux tu nous la présenter ?
Cette histoire m’est chère, puisque c’est un peu grâce à elle que tout a commencé d’un point de vue éditorial. Il y a trois ans, j’ai tenté de répondre à un appel à textes athématique. Je me suis dit qu’une nouvelle serait une bonne chose, un genre de bouffée d’air frais, vu que je dépensais mon temps à travailler sur des romans. J’ai donc passé deux mois sur une histoire de quarante pages, où nous suivons les péripéties de Bastan, un jeune chasseur en quête d’idéal. Ses pas le conduiront à Radash, un royaume dont l’économie repose sur le mercenariat. C’est ici qu’il suivra une formation inhumaine aux côtés d’autres recrues, attendant le jour glorieux de leur premier combat. Malheureusement, la maison d’édition à laquelle cette histoire était destinée ne m’a jamais donné de réponse. A ma connaissance, elle n’en a donné à personne d’ailleurs, et je n’ai plus jamais entendu parler d’elle. Ainsi, je me suis orienté vers Fantasy Editions. Après quelques discussions et retouches, j’ai eu droit à une publication.
Quelques mois plus tard, j’ai décidé d’écrire un recueil de romans courts. J’avais déjà « la Gloire Ecarlates » en stock ainsi que « Par-delà les Ondes ». Mon idée était d’inscrire chacune de ces histoires dans le même univers, à savoir celui que j’avais développé pour ma grande saga de fantasy. Chacun des récits apporte son lot d’éléments, son lot de nouveautés en termes de personnages, de lieux, de créatures et de peuples. C’était pour moi l’occasion de retourner dans un monde inventé de A à Z par mes soins. De plus, cette cohésion entre mes différentes histoires me plaisait beaucoup. J’en ai profité pour renforcer les liens entre elles. Par conséquent, on peut donc rencontrer un personnage dans l’un des récits et le retrouver dans un autre, à une autre période de sa vie. Parfois, c’est une ville, un lieu ou un monstre qui revient… J’ai semé plusieurs de ces petits « easter eggs » dans chacune de mes histoires, et c’est au lecteur de les découvrir.
Les Chroniques Ecarlates, entre Chien et Loup, regroupe donc 6 textes différents sur plus de 400 pages, ce qui en fait plus des novellas que des nouvelles au sens propre (même si les limites entre les différents formats sont souvent floues, voire opaques suivant les éditeurs… et les lecteurs !). Outre « la Gloire Ecarlate » et « Par-delà les Ondes », on suit les aventures d’un guerrier en fuite, poursuivi par son passé, dans « Dans son Ombre ». On accompagne une troupe de brigands dans « les Corbeaux de Mereng » et un vieillard alcoolique en pleine rédemption dans « Vous Mourrez Tous ». Enfin, on vit cinq jours aux côtés d’une poignée de soldats rescapés, vestiges d’une armée massacrée, qui se regroupent dans le « Dernier Bastion ». Face à eux, des vagues successives d’ennemis tentent de les déloger de leur place forte de fortune. D’ailleurs, cet ultime roman court a été sélectionné et a remporté le Prix du Récit Fantasy 2017. Il sera présent dans un recueil aux côtés des cinq autres textes qui étaient en lice.

5. Quels sont tes autres projets littéraires ?
Pour le moment, je travaille sur un nouveau recueil de romans courts, toujours dans le même univers. J’ai trois ou quatre idées qui doivent encore germer dans les tréfonds de mon ordinateur mais j’aimerais terminer tout ça à la fin de l’année. En parallèle, je travaille sur différents appels à textes. L’une de mes nouvelles a d’ailleurs été acceptée chez Etherval, pour le prochain numéro de leur revue, sur le thème des parasites/symbiotes. Une équipe au top, et je recommande à tous ceux qui nous lisent de se jeter sur leurs recueils.
J’ai également semé quelques-unes de mes créations à gauche et à droite, et j’attends des retours à ce propos.
Après ça, je vais sans doute me replonger dans un roman que j’ai mis de côté ces derniers mois. J’ai beaucoup de travail sur celui-ci. Je vais aussi m’atteler à ma saga initiatrice. Lui trouver peut-être un éditeur, mais rien n’est certain.
J’ai donc de nombreux projets et j’aimerais que les journées s’allongent. Ça m’arrangerait !


vendredi 12 mai 2017

Le Cinquième Elément ou l'histoire d'un échec

Le Cinquième Elément de Luc Besson est une occasion manquée d'avoir fait rentrer la science fiction dans la pop culture française. Sur le papier la démarche de Besson ne diffère de celle d'un Lucas.
Le réalisateur américain s'était inspiré de Flash Gordon mais aussi des œuvres de Edmond Hamilton, Leigh Brackett, C.L Moore et à des auteurs de space opera populaire plus moderne. Il avait aussi incorporé des éléments pris aux comics et à l'illustration SF. Bref il avait fait la synthèse de la SF populaire de son temps pour donner une belle œuvre de science fantasy.
Besson ne s'y prend pas autrement mais quelque part il en a trop fait et n'a pu su faire la sélection dans les éléments à compiler. Si Lucas nous avait fait échapper à l'effet catalogue, on tombe en plein dedans chez Besson. Dans la même œuvre on a les anciens astronautes de Jimmy Guieu, les mégalopole surpeuplé de Max André Rayjean, le héros badass et généreux qui semble tout droit sorti d'une œuvre de Maurice Limat ou de Pierre Barbet, l'humour de Richard Bessière, le mysticisme de Gabriel Jan mais aussi un prêtre nommé Cornélius qui fait écho au Jerry Cornélius de Moorcock ou encore un mal qui nourrit le mal qui intervient cycliquement qui fait penser à la Plaie de Nathalie Henneberg. Bref c'est un peu l'indigestion référentielle. Et je parle même pas des clins d'œil à la BD.
Mais à coté de ça les idées spéculatives ou imaginaires propres à l'univers semblent être bien effacée. Les héros se perdent dans un quartier brumeux, et Besson nous case une ellipse. On va se balader sur une planète étrangère mais on en voit rien et l'on reste cloîtré dans un vaisseau pendant tout le film.
Bref c'est à la fois un plat trop copieux et sans saveur. Comme quoi les références seules ne font pas une œuvres.

mercredi 3 mai 2017

Les espoirs de l'imaginaire : Elodie Serrano

1 - Peux tu te présenter en quelques mots ?
Elodie Serrano, 28 ans, lyonnaise d’adoption depuis quelques années après avoir grandi dans le sud-ouest. Future ex-vétérinaire et noctambule assumée. J’écris des nouvelles depuis mes 15 ans, même si je ne m’y suis mise sérieusement que depuis 3-4 ans. Des romans, aussi, selon les idées, avec tout de même un amour certain pour le space opéra. Comment résister à l’aventure ?

2 - Comment es tu venue à l’écriture ?
Difficile à dire, je n’ai pas de souvenir d’une époque où je n’aurais pas écrit. J’ai toujours adoré les rédactions à l’école et j’ai un cahier rempli de début d’épopées qui ont commencé à me titiller après ma découverte de la SFFF avec « Le seigneur des anneaux », à 12 ans. Puis, j’ai découvert le forum de Mille Saisons, les communautés d’auteurs en ligne et les fanzines. Je me suis dit que les nouvelles, de part leur format court, seraient un bon moyen de lutter contre mon incapacité à finir quoi que ce soit. Mon premier texte n’a pas été retenu, mais il garde une petite place dans mon cœur. Je me dis parfois qu’il faudrait que je ré-exploite l’idée, un jour. Bref, après, j’ai un peu lâché l’affaire avec la prépa et les études, avant de reprendre de façon intense grâce à une autre communauté, Cocyclis. Depuis, je m’accroche.

3 - Peux tu nous parler de ton roman « les baleines célestes » qui paraîtra en 2018 chez Plume Blanche ?
Il s’agit d’un space opéra, à base de baleines de l’espace, créatures légèrement destructrices, et de pauvres humains lancés à la poursuite de l’une d’entre elles. J’ai essayé d’instiller un certain « sens of wonder » dans cette histoire, tout en emportant mes lecteurs dans cet aventure avec légèreté. Et même quelques touches d’humour. J’espère que ce roman donnera le sourire.

4 - Tu es vétérinaire dans le civil. Est ce que tu aimes raconter des histoires avec des bestioles bizarres et biologiquement plausibles ?
C’est un espace complexe, le plausible, je trouve. Je cherche avant tout à me faire plaisir à imaginer des choses sympas. Après, oui, j’essaie de donner un atour cohérent au tout. Par exemple, dans « Les baleines célestes », j’ai effectivement passé beaucoup de temps à réfléchir aux points clefs du fonctionnement de l’animal : comment elle communique, mange, croît, se reproduit. Toutes fonctions essentielles du vivant. C’est d’ailleurs un peu frustrant, quand on réfléchit à tout et qu’on doit éliminer pleins de détails pour ne pas noyer le lecteur d’informations inutiles.
Après, mes connaissances sur le monde animal m’amènent surtout à être un peu casse-pied sur les espèces réelles, je pense. Comme le loup, sur lequel j’ai fait ma thèse.

5 - Peux tu nous présenter tes autres projets littéraires ?
J’ai préparé l’été dernier un recueil de nouvelles fantastiques qui devrait sortir en fin d’année chez Malpertuis. J’ai aussi quelques nouvelles individuelles à paraitre chez Brins d’Eternité, Gandahar et dans la prochaine édition de l’anthologie annuelle de Malpertuis.
Sinon, j’ai toujours plein de choses à différents stade de travail sur la planche. Un space op en cours de premier jet, un autre en corrections et un roman jeunesse sur les loups auquel je tiens beaucoup et qui s’apprête à tenter sa chance chez les éditeurs. Il faut bien rester occupé. 

dimanche 23 avril 2017

Les espoirs de l'imaginaire : Sylvain Lamur

1- Peux tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour, Sylvain Lamur, auteur toulousain de 37 ans. Je publie des nouvelles de fantastique et de SF depuis 2012, dans des anthologies, des revues, etc... et j'ai un premier roman qui est paru en mars dernier, chez Rivière Blanche.
2- Comment es tu venu à l’écriture ?
J'y suis venu très tôt ; d'abord pour jouer, tout simplement. Aujourd'hui encore je garde en ligne de mire cet aspect de plaisir pris à tordre la réalité dans tous les sens, à l'essorer et et la déformer autant que l'on veut. Chronologiquement, je dirais que j'ai commencé vers les 10 ans, avec des petites histoires de rien du tout, illisibles et jamais terminées ; et puis, c'est toujours resté là , comme une priorité à laquelle on ne cède pas parce qu'il faut bien que la vie se fasse, que l'assiette se remplisse. Jusqu'au jour où j'ai décidé de m'y mettre sérieusement : que ce soit écrire ou soumettre mes textes. J'avais trouvé un travail entre temps, que je pratique toujours. Ça aide, quand on veut prendre le temps de construire une vraie démarche - en tout cas, ça m'a aidé, moi, et je crois que j'aurais été incapable de le faire sans ça. Il y a aussi eu une maturation indispensable, je crois.
3 - Peux tu nous parler de Quaillou, ton premier roman paru chez Rivière Blanche ?
Il s'agit d'un Space Opera, un genre qui revient en force et que je suis assez fier de représenter, à mon humble niveau. Je l'ai écrit sans trop réfléchir, en essayant d'y mettre un rythme intense grâce à des chapitres très courts et en le bourrant de péripéties burlesques, invraisemblables ou plus dramatiques. On y trouve, en vrac, un drôle d'astéroïde, un séducteur à la manque, des trous cachés dans les replis de l'espace, des nymphes tentatrices ô combien dévouées et efficaces, une prison où on est heureux, une paire de robots au service d'une inspectrice de police chauve, un porte-monnaie inépuisable et le Sage du fin-fond de l'espace, qui connaît la réponse à TOUTES les questions. Ma perspective est d'arriver à construire des histoires où la narration ne nous prive pas de recul poétique ou de réflexions diverses sur l'ordre des choses, la psychologie des uns ou des autres, les priorités de l'univers... J'espère y être arrivé, mais ce sera au public de me le dire.
4 - Tu as écrit plusieurs novellas steampunk chez House Made of Dawn. Est ce que tu comptes revenir à ce genre ?
Absolument ! Je suis un gros gros fan de Powers, Blaylock et Jeter, qui ont inventé le genre et sont pour moi des auteurs source ; j'ai, depuis, pas mal lu dans le genre, avec de bonnes trouvailles (Pevel, Gibson/Sterling, Paul Di Filippo...) et d'autres déceptions (non, je ne citerai personne) ; j'ai aussi beaucoup découvert des productions effectives des genres de l'imaginaire au 19ème siècle, le Merveilleux scientifique que l'on redécouvre depuis quelques années. Un recueil de nouvelles, qui contiendra entre autre Une Horlogerie Complexe, déjà parue l'année dernière dans Etherval, et Ngurummpii, une petite nouvelle sur un petit aborigène confronté aux conséquences de l'installation des Blancs dans son pays au XIXème siècle et qui est présente dans le recueil Gentlemen Mécaniques, aux éditions de l'Instant, a été retenu pour publication et est  en attente... pour l'instant. Ensuite, les deux novellas publiées chez House Made of Dawn, Le Sens de la vie et De Monstrorum natura, ont été développées en un roman, dont l'une des ambitions est de rendre hommage à la littérature du 19ème. J'ai encore pas mal de travail dessus, et ensuite je me lancerai dans la recherche d'un éditeur. Il y aura encore d'autres projets, lointains ; l'un d'entre eux portera sur un personnage qui me fascine, un explorateur toulousain dont la mort reste non élucidée et entourée de nombreux mystères. Mais c'est encore lointain.
5- Quels sont tes principaux projets littéraires ?
Quaillou, qui marche assez bien, va connaître une suite, à paraître toujours chez Rivière Blanche en 2018 ; il y aura peut-être même une trilogie, au final, composée de trois histoires qui pourront se lire à la fois indépendamment et être reliées les unes aux autres. Ensuite, j'ai en préparation une autre anthologie pour les éditions Arkuiris, sur un thème un peu complexe, Tisseurs de mondes. J'aimerais en préparer d'autres, mais je verrai ce que celle-ci donne, déjà.